Δ The Promise you made.

Je crois que si l’on devait m’interroger à ce sujet. La chose que je déteste le plus. Ce serait les Promesses. Je hais les Promesses.

D’aussi loin que je me souvienne. Je les ai toujours détestées. J’ai même fini par ne plus les écouter. Ne plus vouloir en entendre. Je ne supporte pas que l’on me promette quelque chose. Et que l’on me jure de s’y tenir.

Les humains ne sont pas faits pour tenir des promesses. Et les hommes, tout particulièrement.

Je n’aime pas cette façon qu’elles ont de nous lier à quelqu’un. De nous rendre dépendant. Je déteste l’être de quelqu’un d’autre. Je hais devoir attendre après la réalisation d’une action. Je hais de ne pouvoir en être maître. J’accepte déjà de ne pas être maître de mon Destin, mais la Prédestination est une promesse de Dieu, pas d’un homme.

En 2002, juste après les partiels du premier semestre et avant la reprise, Bi-Frost m’avait promis que nous nous offririons quelque chose pour la Saint Valentin. J’étais à la fac. C’était le gars sur lequel je craquais. Et j’étais tellement naïf que j’étais prêt à lui offrir un baiser. (A cette époque, je vivais dans un monde dans ma tête où ce genre de cadeau était une offre inestimable. Maintenant je sais…).

A la reprise, il n’y eut pas de cadeau. Il avait couché avec tous les garçons et filles qu’il avait pu pendant le break pendant que moi j’imaginais à quoi ce baiser ressemblerait.

L’Hétérochrome a posté une vieille photo de lui prise à Séoul il y a cinq ans. Et évidemment mon Hyperthymésie m’a rappelé l’une de ses promesses. A cette époque, j’étais sur un quai lointain du RER A après le travail. Il faisait plutôt froid. Et il m’a appelé. Il était à l’autre bout du monde et me racontait comme c’était incroyable et magnifique. Et il m’a promis. Promis qu’un jour il m’y emmènerait. Je n’étais plus aussi naïf qu’en 2002 mais cette promesse m’avait réchauffé le coeur.

Cinq ans après, je crois que je suis le seul de nous deux qui se souvienne que nous nous sommes connus.

Ma vie est jonchée de ce genre de déceptions suites à des promesses.

Les promesses de Dan. Celles de Wall-e.

Pourquoi les Hommes se sentent-ils obligés de faire des promesses. Je ne le saurai jamais. Moi j’ai décidé qu’elles ne voulaient rien dire. Une promesse ne lie que l’idiot qui y croit. Et je refuse maintenant d’être cet idiot.

Promettez-moi la Lune. Et j’irai moi-même la capturer pour la mettre dans mes cheveux.  Je m’affranchirai toujours de vos promesses pour ne pas me retrouver lié et attendre qu’elles se réalisent.

Je suis libre. Et chaque jour un peu plus dégagé de mes souvenirs nous concernant. Un jour je finirai par déposer les cadavres de nos relations et à ne plus me retourner. En attendant je défais un à un les maillons qui nous retiennent.

Je ne me promets pas d’y parvenir. Après tout, je suis un homme. Mais j’y arriverai.

Titre : The Promise you made – Cock Robin.

☆ La Belle et la Bête.

Un lien spécial avec la Belle et la Bête. Plusieurs liens même.

J’avais dix ans quand nous sommes allés voir le Disney au ciné avec le centre aéré. Avec ma copine D., nous craquions sur le même garçon, Thomas. Nous l’avons installés entre nous deux et à tour de rôle, nous lui avons fait des bisous.

D. ne faisait pas de bisous sur la bouche. Moi, si. Et c’est pour cela que Thomas a vite préféré tourner sa tête de mon côté pour le reste du film – dont je ne me souviens absolument pas du coup. Plus tard, lors d’une pièce de théâtre, nous avons même été plus loin. Souvenirs.

Ainsi la Belle et la Bête est avant tout un souvenir un peu humide de mon enfance (précoce, très précoce).

Il y avait aussi cette autre version de l’histoire qui avait marqué mon enfance. La série télé. La Belle et la Bête se rencontrent dans le New York de la fin des années 80. Elle est avocate. Lui a une tête de Lion et s’appelle Vincent (hum).

Et finalement ce tout dernier film que j’ai trouvé absolument magnifique avec ces images incroyables et ces robes et costumes superbes. Je ne l’ai pas trouvé parfait, le jeu des acteurs m’a parfois refroidi mais je l’ai trouvé réussi. Bien meilleur que le Alice au pays des Merveilles de Burton ou Blanche Neige et le Chasseur. Et d’un point de vue général, bien loin de ce que les Français avaient l’habitude de faire jusque là au cinéma. Je trouve juste dommage de ne pas avoir senti de véritable passion entre Belle et la Bête.

Mais cette histoire d’une jolie fille qui finit par tomber amoureuse d’un monstre m’a toujours plus. Lorsque plus jeune, à une époque donc où votre corps vous trahit, et vous fait entrer « en travaux » (jusque mes 21 ans pour moi), je trouvais rassurant qu’une personne puisse voir plus loin que l’aspect repoussant d’une autre. Après tout, la Bête était un homme à la beauté et bonté intérieure extrêmement magnifique. Pourquoi donc personne n’était en mesure de pouvoir le voir ?

J’ai alors décidé que moi je pourrais le voir. Chez tout le monde. Je me disais que l’apparence ne devait jamais être un frein à l’amour et c’est devenu un principe de vie. Dès lors, j’ai toujours cherché à voir la beauté là où elle ne s’imposait pas. A la trouver au gré d’un détail insignifiant pour les autres mais primordial pour moi.

Et c’est pourquoi je réponds toujours que je n’ai pas de critères de beauté en ce qui concerne les hommes. La Beauté objective et froide me fait peur, tout comme la perfection. Je m’en méfie. Elle ne m’excite pas. Je n’ai pas confiance en elle parce que je la sais éphémère. Pas amenée à durer. Le vin ne devient pas plus beau en vieillissant. Il devient plus bon. C’est ce que je pense.

En regardant la Bête, je me dis que j’aurais pu. J’aurais complètement pu craquer pour lui. Et j’aurais pu le trouver beau. Parce que je l’aurais vu/perçu beau.

Et s’il m’avait dit « Si vous ne revenez pas, j’en mourrais », je pense que je n’aurais pas pu le quitter.

☆ Ponyo & Souvenirs.

Arte diffusait hier, Ponyo sur la Falaise, film d’animation de MIYAZAKI Hayao que j’avais vu à sa sortie au cinéma en avril 2009.

Je n’avais jamais eu le courage de revoir ce film même si j’avais très vite acheté le dvd. Non pas que le film ait quelque chose de traumatisant mais je l’ai malheureusement associé à de mauvais souvenirs. J’ai donc toujours fait l’impasse sur l’occasion de le revoir.

Il y a, à peu près dix ans, Kiki la Petite Sorcière est sorti en France. A cette époque je venais à peine de rencontrer un garçon dont j’ai oublié le nom. Je me souviens juste l’avoir rencontré et fortement embrassé à Brochant (la même journée, oui) et qu’il était plus âgé, juriste et blond. A moins qu’il ne s’agisse de ce brun musclé, sagittaire comme moi, de dix ans mon aîné qui m’avait embrassé après une date que je pensais perdue.

Bref.

Je lui (ou à l’autre donc) proposais pour prochain rendez-vous, que nous allions voir Kiki au ciné. Mais ça ne se fit pas. J’ignore quel ange gardien s’occupait d’empêcher les prochains rendez-vous avec les garçons parce qu’il m’a vraisemblablement empêché de me corrompre plusieurs fois et le pire/mieux c’est que je n’en souffrais pas.

La vérité c’est que, midinette dans l’âme, je rêvais de voir un film d’animation japonais avec un garçon et si possible un qui ne disparaisse pas après le premier rendez-vous. Je réservais donc ma virginité Miyazaki-esque (et Ghibli-esque) à l’Elu.

Lorsque Ponyo est sorti, j’étais avec Jolies Lèvres. Comme il lisait des mangas et que son meilleur ami avait une collection de films du studio Ghibli, je me disais que ça y est. Que c’était lui. J’allais enfin pouvoir voir un film de Miyazaki. Mais la vérité, c’est que le film est sorti à la pire période nous concernant.

Ces deux semaines atroces pendant lesquelles, il avait coupé les ponts, cette pause où sagement je l’avais attendu et avais espéré que les choses repartent mais où lui savait qu’elles ne mèneraient à rien.

Séquence d’hyperthymésie. Nous ne nous étions pas vu depuis quelques jours déjà et nous nous sommes donnés rendez-vous au MK2 Bibliothèque. Nous devions y voir le film avec Dan, mon Dan, et son copain Sébastien. Ce fut un moment très difficile pour moi. Jolies Lèvres était très froid, ce qui ne lui ressemblait pas du tout et il s’était immédiatement sauvé après le film.

Je me souviens qu’à peine parti, Dan me demandait si je voulais qu’il lui casse la gueule et me proposait d’aller manger avec lui et son copain dans un resto vietnamien du XIIIème. J’étais dans un état lamentable et c’est là que j’ai commencé à avoir mal au ventre. Ce mal que j’ai nommé Ulrick, l’ulcère.

Une semaine après c’était la fin. Et quelques temps après, Dan vivait la même situation avec le premier Wolverine.

Je n’avais jamais pu/voulu revoir Ponyo avant ce soir. Et presque cinq ans après, j’ai réussi. Je doute que de son coté, il se souvienne de tout cela. Mon hyperthymésie étant une garce. Mais j’ai réussi.

Depuis évidemment, je me suis plusieurs fois rattrapé. J’ai volé le DVD de Totoro à Kévin Bacon et l’ai regardé seul comme un grand pour ne pas faire l’erreur de les lier. Puis j’ai regardé le Château dans le ciel, Princesse Mononoké, le Voyage de Chihiro, Kiki la Petite Sorcière, le Château Ambulant et Nausicaä en quelques jours. J’ai pu également voir la Colline aux Coquelicots.

Un soir après le travail, nous avons regardé Pompoko avec Kevin Bacon mais il s’est endormi (enfin un souvenir mignon). Et ensemble nous avons été voir Arrietty. J’espère que nous pourrons aller voir Le Vent se lève et surtout L’Histoire de la Princesse Kaguya s’il sort en France (ce conte étant l’un de mes préférés).

Aujourd’hui, j’évite au possible de lier des événements, objets, etc à des personnes de peur de souffrir d’éventuels mauvais souvenirs. Mais c’est malheureusement impossible pour moi du fait de ma mémoire et de ma peur des Fins.

Mais j’ai 31 ans et j’espère qu’avec l’âge, on apprend à gérer les choses négatives avec plus de sérénité.

Et finalement j’ai réussi à apprécier le film d’hier soir sans problèmes.

♡ Ponyo Sosuke Suki !

☆ 2013.

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2013. Je n’aurais jamais cru qu’une année se terminant par un 3 m’apporte autant de joies. Je garderai en tête qu’elle a été une bonne année. Un Chéri, un Travail, une Famille, des Amis. J’ai tout naturellement peur que 2014 me reprenne quelque chose. Parce que, quelque part, dans ma tête, il n’est pas normal d’avoir tout ce que l’on désire.

2013 est née entre Nous Deux, juste Nous Deux. Puis elle a continué avec mon combat contre les forces du mal la Manif pour Tous. Un billet très important pour moi qui encore aujourd’hui suscite des réactions, essentiellement bonnes Dieu Merci. Un combat important parce que nous devons lutter au quotidien pour exister, pouvoir marcher dans la rue tranquillement sans craindre de nous faire agresser. Mon Humiliation n’étant rien face aux agressions plus violentes dont ont été victimes plusieurs homosexuels cette même année.

Pouvoir dire OUI à un homme (ou une femme) nous a finalement été accordé. L’année de nos Quatre Ans. Nous n’en sommes pas encore là, je n’ai toujours pas réussi à m’incruster chez Lui, ni même à partir de mon quartier pourri dans lequel le Rose c’est pour les Pédés, mais je fais tout pour, mes chéris, je fais tout pour. Peut-être cette année ?

Ma Douzième Gay-Pride aura été la moins festive de toutes, le travail m’ayant retenu. Elle ressemble un peu à ce que j’ai pu être cette année. Plus discret, plus calme, plus posé. Me couper du reste m’a fait le plus grand bien et m’a permis de me centrer sur l’Essentiel.

L’Essentiel, c’est aussi ma Religion, ma deuxième Fierté, et le mois du Ramadan. Un Ramadan plus compliqué cette année puisque Dame Nature a décidé qu’il coïnciderait avec une bonne Canicule en plein été. Dieu Bénisse les Brumisateurs sans qui je ressemblerais à un pruneau desséché encore aujourd’hui.

 Puis ce fut la Rentrée. Et la disparition du Starbucks de la Rue des Archives, la Forteresse de mon ancien Moi, Beur-Boy. Cet endroit qui entre 2007 et 2010, m’aura vu y rejoindre les Garçons, d’Adam à Ekkooo en passant par Dan et Hervé. Un endroit que j’avais fini par complètement déserter après C. et Djo. Fatigué par mon incapacité à maintenir une relation amicale sans problèmes avec un garçon.

Mais c’est le passé. Mon Passé et une autre histoire. L’Histoire, cette année, c’est qu’Il a eu 38 ans, un mois jour pour jour avant mes 31 ans. Lui, fait partie de l’Essentiel.

Il me permet de ne plus être seul. Même loin à l’intérieur de Moi.

Et finalement peu importe ce que me réserve 2014, tant que cet Essentiel est avec Moi. Tant que tout ce que les années ont filtré de bien et de positif dans ma vie, reste près de Moi.

Je ferai de 2014 une suite de pas vers l’Avant. Et j’éviterai de trop me retourner.

2014. A nous deux.
A nous Mille (si je Me compte tous).

☆ Noël is Dead.

Plus jeune. J’aimais beaucoup Noël. Cette fête, que j’enviais secrètement en la regardant de loin. Dans les films, les séries ou chez mes amis.

Ce grand sapin décoré. Sous lequel il y avait une tonne de cadeaux. Ces repas de famille sur plusieurs jours. Mes amis qui me racontaient qu’on y buvait, mangeait à s’en faire mal. Toute cette bonne humeur. Ces bons sentiments complètement exacerbés. Sous la neige…

Et puis, c’est arrivé. J’ai fini par haïr Noël.

J’ai fini par haïr cette course effrénée aux cadeaux. Ces gens débarquant où je travaille dès le mois de Septembre. Oubliant le concept même de Surprise ou de « L’Intention qui compte ». Les Filles montrant maintenant plus ou moins subtilement ce qu’elles veulent à leur chéri/mari. Et achètant ce qu’elles veulent expressément qu’ils portent/mettent/aient à leurs pères/frères/chéris/maris.

Les Uns demandant une réduction pour offrir le cadeau qui voudra dire que leur amour est le plus fort cher. Les Autres demandant une réduction parce que c’est le dernier article en magasin. Et tu ne comprends pas en quoi, cette réduction, aura un impact sur la personne qui recevra le cadeau ainsi bradé.

Le lendemain de Noël. Ces cadeaux seront échangés contre d’autres plaisant plus. On ira jusqu’à demander de les rembourser. Ce qui, sur le principe, est quand même fort affligeant venant d’une personne qui reçoit un cadeau.

Le Sapin de Noël. Totem de cet Esprit de Noël qui se meurt. On dit qu’il se décore dès le début de l’Avent. Je l’ai encore vu être acheté le 21 décembre. Et j’ai vu mon premier Sapin sur un trottoir il y a quelques minutes. Nous sommes le 27 décembre. Aussitôt décoré, aussitôt jeté. A croire que les gens n’imaginent pas un instant qu’il s’agit d’un organisme vivant arraché à la nature juste pour faire briller davantage leur vanité monstre. Arraché pour maintenant deux semaines tout au plus. Parce qu’il faut maintenant laisser de la place à la galette des rois déjà bien en rayon dans les magasins.

Mais Noël ce n’est pas qu’un Sapin et des Cadeaux.

C’est la Famille. Tous ces contacts qui repartent dans leur famille. Ce moment où tu découvres qu’ils sont plusieurs à cracher sur la banlieue l’année et à traverser la France pour rentrer chez eux à Noël.

Cette année. Pour la première fois. J’ai pu suivre quasiment en direct l’horreur qu’ils ont pu vivre dans leur famille beauf à souhait ou carrément raciste et/ou homophobe. Et je me suis posé ces questions.

Evidentes. Ne peux-tu pas un instant poser ton téléphone ? L’oublier. Passer un moment dans ta famille sans les autres. Sans le virtuel. Ne peux-tu pas, un instant, t’interroger ? Et te demander pourquoi tu t’infliges ce repas qui semble te bouffer. Noël serait la saison du Sado-masochisme ?

Où sont les photos de ce repas gargantuesque ? Où sont vos photos de famille ? Où sont les photos de ces tonnes de cadeaux ? Où sont les photos de tout ce qui me donnait envie avant ?

Cette année, j’ai l’impression de n’avoir vu que le mauvais côté de Noël. Une sorte de long cauchemar bien déprimant que vous auriez vécu et que vous m’auriez balancé en pleine gueule pour me punir de ne jamais vous apporter de gâteaux pour l’Aïd.

Je ne fête pas Noël. Je suis musulman. Avec mes parents et mes frères, nous nous réunissons autour d’un petit diner le 24 au soir. L’occasion d’échanger ou non des cadeaux (parce que nous n’en avons pas fait une obligation). Et l’occasion de manger des fruits de mer (ça c’est obligé par contre, j’adore les fruits de mer).

Une très bonne soirée pas plus extraordinaire que les autres mais une soirée où l’on s’amuse et rigole beaucoup. Une soirée que nous ne considérons pas comme une corvée.

J’enviais beaucoup le Noël des Autres. Mais, cette année, vous m’avez un peu écoeuré. J’ai trouvé bien triste cet Esprit de Noël.

Et si l’année prochaine, vous vous rendiez service. Et si vous n’alliez pas dans votre famille qui ne vous aime pas. Et si vous vous faisiez des surprises. Et si vous coupiez vos vies virtuelles juste pour profiter de ces moments. Et si vous me faisiez ré-aimer votre Noël ?

Oui, faites moi ré-aimer Noël, tiens.

PS : ah et par pitié le 25 dans la journée arrêtez de poster vos photos de Pères Noël de 20 ans TTBM à poil. C’est tellement ringard.

☆ Days of Future Past.

Je m’appelle Oslo Ohara. Et hier, j’ai eu 31 ans.

Le Temps passe. Sur moi. Sur mes proches. Sur ma vie. Sur mon corps.

Mes reflets dans le miroir ont changé. Nous ne sommes plus les mêmes. A l’extérieur comme à l’intérieur. Je suis passé de petit minet brindille à mèches myope comme une taupe à un putain de DILF. Toutes ces années à martyriser mon corps pour qu’il reste le plus androgyne possible pour maintenant regretter qu’il ne soit pas aussi masculin que je le voudrais.

Les gens ont défilé dans ma vie comme des comètes. Allant et revenant au gré de mes/leurs humeurs. J’ai dû apprendre à les laisser exécuter leur course. A les laisser partir. A les laisser revenir. A les attendre parfois. A éviter qu’ils ne me percutent. A parfois les laisser percuter d’autres. Et les voir s’oblitérer. Mon système solaire est finalement resté le même. Mon Soleil. Mes soeurs Planètes. Et nos Satellites.

Je me rappelle de plusieurs de ces jours. Plusieurs de ces 2 Décembre. Plusieurs de ces cadeaux que j’ai pu recevoir. Et plusieurs de ces personnes desquelles j’aurais aimé qu’elles ne m’oublient pas, surtout ce jour-là.

Mais un anniversaire marque une Révolution. Un tour sur soi-même. Et à la fin de ce tour. Quand on observe ce qui a changé. Ce qui est resté le même. Et qui est toujours à vos côtés. On se doit d’oublier ceux qui vous oublient. Ceux qui ne font plus la route avec vous. Et apprendre à continuer son chemin. Apprendre à ne plus se retourner. Les planètes ne font pas sens inverse. Elles avancent et tournent et tournent et tournent.

Je choisis donc d’avancer et de tourner. De tourner. De tourner.

 Chers Mois, nous avons 31 ans aujourd’hui. Nous buvons toujours autant de coca. Nous sommes toujours autant attachés à Usagi-chan. Nous nous endormons toujours avec Dios dans les bras. Nous nous levons pour aller au travail avec plaisir parce qu’on y reconnait nos talents. Et nous pensons à Celui dont nous avons toujours rêvé sur le Chemin. Sauf qu’aujourd’hui, Il n’est pas un rêve.

Chers Nous, nous avons eu 31 ans hier et nous nous sentons complets.

Nous sommes complets.

PS : Chers Cheveux, je vous remercie de vous être autant accrochés.

☆ J’habite une vieille cabane sans téléphone dans un coin de ma tête.

Tout va bien. Tout va très bien. Je me couche chaque soir avec le sourire ou plein d’étoiles. D’espoirs. De rêves.

Ma vie est pleine. Complète. Et, en cet instant précis, je touche du bois pour qu’elle le reste.

Mon travail m’a écarté du monde, cette dernière année. N’étant plus disponible. Je m’étais fait rare pour ne pas dire complètement passer pour mort. Accordant mon temps libre en priorité à Kévin Bacon et aux Filles. Me convaincant que les Garçons qui étaient partis, ceux qui ne donnaient pas de nouvelles, ceux qui ne me laissaient plus entrer, n’avaient plus vraiment de place de ma vie. L’adage voulant qu’on ne doive laisser de place dans sa vie qu’à ceux qui vous en laissent.

Dernièrement, ma mutation m’a emmené encore plus loin. Ma seule fenêtre sur ce Monde passé est devenue Facebook. Et j’ai eu l’impression d’y lire la vie d’étrangers. L’impression que certains avaient choisi une route sans moi. Les voyant exister pour d’autres mais plus pour moi. Les voyant pour certains devenir complètement insipides. Voire des clichés. Avons-nous tant changé ? Sommes-nous, à ce point, devenus des étrangers les uns pour les autres ?

J’ai réalisé que ce Repli sur Moi/Nous n’était pas si involontaire.

C’est qu’en 1993 on se serait juste dit qu’on s’était perdu de vue. Et on aurait été heureux de se croiser par hasard dans la rue en 1995. On aurait peut-être échangé nos numéros de téléphone fixe. Et on se serait vu en 1996 après moult rendez-vous manqués. On aurait rattrapé le temps perdu autour d’un verre. Et ça aurait été tout aussi bien comme ça.

En 2013, on nous force à maintenir des liens irréels. S’acharner à laisser « branché » un mort. Et je devrais un jour ou l’autre reconnaître que les liens qui m’unissent à certains sont morts. Et tourner ces putain de pages à la con qui restent coincées.

Nous ne sommes pas des étrangers. Nous n’étions tout simplement pas fait pour être « branchés », forcés de suivre par réseaux nos vies les uns sans les autres. Je n’en aurais certainement pas souffert de cette façon en 1993.

Je vais donc continuer à vous débrancher, les uns après les autres, jusqu’à ce que lorsque j’ouvrirai ces réseaux – ces outils -, je sois heureux et content de lire ce que j’y lis.

Que mon coeur ne se pince pas de lire que tu t’amuses avec ce mec qui a essayé de te baiser mille fois alors même que tu m’as éjecté parce que ton propre mec était jaloux. Ou de voir que toi, qui m’as éjecté parce que je me protégeais seulement de tes connaissances accro à la drogue, tu continues à être ami avec tous ces dealers. Ou que toi, qui m’as promis de ne pas faire comme les deux autres, aies fini par complètement disparaître pour moi.

Il y a ces Trois-là. Et ceux que je n’ai plus envie de voir pour le moment.

L’année s’arrête bientôt. Et 2014 risque de me voir encore plus me replier. Bientôt 31 ans. Et si je m’acharne à me faire passer pour un gamin fan de pouvoirs magiques, la vérité c’est que je suis devenu vieux. Un bon vieux con qui entre dans la période des soirées raclettes entre amis. Et qui un jour ne se retournera plus.

J’habite une vieille cabane sans téléphone dans un coin de ma tête. Et j’y retourne m’y reposer.

☆ 38.

Et, un mois jour pour jour avant mon anniversaire, c’est sa journée à Lui.

Kévin Bacon est du 2 Novembre. Moi, du 2 Décembre. Et je me fiche de ce que j’ai bien écrire avant ou après ou même jamais peut-être finalement, je n’ai jamais aimé un homme comme je l’aime Lui. Et je ne m’imagine pas sans lui comme je ne m’imagine pas sans côté gauche ou droit. Et ce que j’écris peut ne pas faire de sens. Mais c’est ainsi. Ca n’a pas de sens.

Je suis éperdument amoureux d’un superbe garçon dont c’est l’anniversaire aujourd’hui. J’aimerais que nous soyons ensemble jusqu’à la fin de nos vies et même au-delà. Et je souhaite que chaque personne puisse un jour ressentir pour quelqu’un ce que je ressens pour Lui.

C’est l’Homme de ma vie et je souhaite qu’il le reste.

PS : je trouve ça tellement sexy qu’il ait 38 ans.

☆ Hyperthymésie & Nous.

J’ai mal à la tête. Je ne sais même pas pourquoi je pense à eux. Ils ne sont que des souvenirs. Nos vies ensemble. Sont lointaines. Ces moments où nous étions deux. En Amis. En Amoureux. Ou même en Amireux.

Nous nous sommes disputés. Ou simplement éloignés. Nous avons rompu. Ou nous simplement oubliés. Mais je sais que le « Nous » de ces phrases est parfois faux.

Moi je n’oublie pas. Je ne vous ai pas oublié. Parce que premièrement je ne le peux pas. Hyperthymésie. Et parce que j’ai souhaité vous garder le plus possible. Vous récupérer quand je vous avais écarté. Vous faire revenir quand vous vous êtes évanouis. A certains moments, je me suis « accroché plus fort » parce que je voulais « m’accrocher plus fort » à vos cous*.

Et je me suis accroché. Beaucoup accroché. Trop accroché.

Lassé, j’ai, un jour, fini par lâcher prise. Pourquoi ? Pourquoi continuer ? Porter, seul, une relation, c’est dur. Plusieurs, c’est du masochisme.

Aujourd’hui, ce qui me fait mal, n’est pas tant le fait que vous soyez partis. C’est surtout le fait que je continue à penser à vous. Il y a des jours sans. Et il y a des jours où je suis submergé par votre absence. Votre manque de présence dans ma vie.

Je pourrais encore une fois, tendre une perche. Un petit message. Une attention. Mais qui trompe-je ? Je suis le seul à en souffrir, visiblement.

J’ai mal à la tête. Mon Hyperthymésie me pèse. Me tue. Et encore une fois je me demande ce que vous faites. Si cela vous arrive de penser à moi. Et Toi ? Cette semaine, c’est à toi que j’ai le plus pensé. Dans mon rêve, tu me disais que j’étais toujours aussi agréable à regarder.

Moi, au réveil, je n’ai eu envie que de me gifler.

Soyez gentils. Rappelez vos fantômes. Rappelez vos odeurs. Rappelez les souvenirs que nous avons en commun. Rendez-moi la partie de moi qui est partie avec vous et qui sans cesse m’appelle.

Moi, aujourd’hui, j’ai simplement envie de ne plus avoir mal à tête.

* Les Chansons d’Amour – La Distance.

☆ Quinze Faits Incroyables sur Moi.

Voici 15 faits absolument incroyables à savoir sur moi. Et lorsque je dis « Incroyables », je veux réellement dire Incroyables.

1. Il y a une bombe à retardement dans mon corps. Elle peut exploser à n’importe quel moment. Je le sais depuis que je suis tout petit. Et c’est la raison pour laquelle je ne m’énerve jamais. C’est la raison pour laquelle je me tempère constamment. Ma patience étonne toujours tout le monde et l’on dit que c’est ma qualité première (juste après ma beauté extrêmement intérieure). En réalité, je n’ai pas le choix.

2. J’ai une existence propre dans un monde parallèle. Chaque fois que je m’endors ici, je me réveille là-bas. C’est pourquoi je suis en mesure chaque matin de raconter en détail mon rêve ou plus précisément, la journée que j’ai passé là-bas. Et compte tenu du nombre de rêves érotiques que je fais, je pense que, dans l’autre monde, je suis une star du X, voire du Y.

3. J’ai été moult fois réincarné. Mais c’est ma première réincarnation en tant que mâle. C’est assez étrange d’ailleurs parce qu’il a fallu que je m’habitue à ce corps d’homme et ça n’a pas été facile. Avoir un si gros zizi à neuf ans ?! Quelle horreur. Heureusement qu’aujourd’hui, il soit proportionnellement plus adapté (trop du coup… snif).

4. Là d’où je viens, l’eau est impropre à la consommation et nous ne mangeons pas. La mixture que nous avalons est assez proche dans sa composition du Coca Cola que vous avez ici. Sur Terre, nous devons le/la boire avec du Chocolat (le moins pur possible) pour couvrir nos besoins énergétiques. Ils sont deux fois ceux d’un homme de corpulence moyenne. Nous atteignons l’orgasme culinaire avec un verre de coca et une tablette de Galak. D’ailleurs, ne dit-on pas « GalaKtique » ? Je ne l’ai pas inventé.

15. J’en veux aux Terriens d’avoir tellement réduit l’habitat des Licornes ailées qu’elles ont fini par disparaître. Plus jeune, ma mère me racontait l’histoire de ces licornes et si je suis venu sur Terre c’était aussi pour en voir. Mais bon, heureusement qu’il reste du Chaource. C’est tellement mignon (et bon), cette petite chose.

6. Je sais à quelle question renvoie la réponse « 42″. Il ne faut pas être sorti de Saint Cyr pour savoir que ce nombre correspond à une taille de jeans super slim indigo qui mettrait bien mes fesses en valeur, me ferait un paquet d’enfer, ne serait pas trop cher, ne perdrait pas sa couleur au lavage… Arf, complètement improbable de tomber sur ce jeans de rêve, autant chercher un autre sens à ma/la vie.

7. Il m’est absolument impossible de m’identifier à un personnage masculin et ce depuis ma plus tendre enfance. Yu Morisawa, Jeanne Azuki, Usagi Tsukino, Fran Fine, Piper Halliwell, Max Guevarra, Buffy Summers, Maria Deluca, Jenny Schecter, Susan Mayer, Sookie Stackhouse… Toutes ont trouvé un écho dans l’une de mes nombreuses personnalités. Et, en parlant de schizophrénie, presque toutes mes personnalités secondaires sont des femmes. Certaines sont mêmes plus viriles que moi.

9. J’annonce haut et fort que j’ai des pouvoirs magiques… pour cacher le fait que j’ai certaines habilités, effectivement. L’un de mes grands pouvoirs, c’est d’amener sans le vouloir, les gens à me raconter leur vie. Je crois que je dégage des phéromones qui déshinibent. Du coup, je connais les secrets de tout le monde, mais personne ne semble vouloir comprendre que je m’en fous.

10. Je reste persuadé que nous avons des souvenirs du futur. C’est la raison pour laquelle je fais très attention aux impressions de déjà-vu et à certains lapsus et autre actes manqués. D’ailleurs, lorsque je me souviens du futur, je préfère vivre au présent.

11. J’ai envoyé un message sur ma planète pour que nos chercheurs sauvent vos abeilles en échange de la mort des araignées. Mon dieu, quelles sont ces horreurs qui vivent sur cette planète. Huit pattes velues ! Une aberration. Et Récemment, j’ai failli me faire attaquer par une meute d’oies. Lorsque je serai Reine de la Terre, ou Roi hein ça marche aussi, je ne laisserai vivre que les chats et les félidés.

12. Bien que venant d’ailleurs, je crois en votre Dieu. Je suis juste abasourdi par le fait que vous pensiez qu’il y en ai plusieurs alors que vous priez le même.

13. Je ne comprends pas le concept même du sport. Ni même la raison pour laquelle vous érigez ces personnes au rang de surhommes. Les capacités intellectuelles de ces personnes sont bien souvent inférieures à la moyenne de votre planète, déjà bien inférieure à la notre. Ce weekend, j’ai vu des gens faire leur jogging. Je pense inventer un slip pour homme qui soutienne bien parce que plusieurs fois, j’ai cru que leur short me faisait coucou (voire « coucouilles »).

14. J’ai une notion de la beauté complètement différente de la votre. Et je suis très souvent choqué par ceux que vous idolâtrez. Il semblerait néanmoins que nos critères convergent sur deux personnes : Jessica Alba et David Gandy. D’aileurs lorsque le déluge cosmique débutera, ils seront les deux représentants de la Terre à être épargnés. Du coup je les mettrai sur un bateau avec deux chats, du coca et du galak.

5. Là d’où, je viens, le 15 vient avant le 5. Ca par contre, j’ai jamais su pourquoi.

Voilà. C’était les 15 faits les plus improbables et incroyables à savoir sur moi. Et le pire, c’est qu’il y a du vrai dans chacun de ces points. Je vous laisse y réfléchir.