Les Fins des 15 avril.

Il y a quelques jours. En l’espionnant sur twitter. Je me suis demandé si tout allait bien pour lui. Quelque chose clochait. Il renvoyait vers un billet de blog plutôt désespéré. Et je m’étais alors fait cette réflexion. Que si jamais il prenait contact avec moi, je ne le rejetterais pas. Et l’aiderais.

Hier. Le 15 avril 2015. J’ai reçu une notification m’indiquant qu’il ne me suivait plus. Ce que je ne peux lui reprocher, m’étant moi-même désabonné il y a un moment déjà, n’appréciant pas notre manque d’échange ni même sa participation irrégulière sur ce médium. Mais. Je persistais quand même à l’espionner. Afin de suivre sa vie. Et toujours garder un oeil sur lui. Parce que j’ai l’impression qu’il ne sera jamais n’importe qui.

Un 15 avril. Evidemment.

Parce que ma vie a été écrite par des scénaristes de Soap Opera. Tout n’y est que symboles et coïncidences. Tout est fait pour me faire cogiter. Et je me demande maintenant si derrière mon étagère à mangas pour filles, il n’y a pas un double de moi qui cherche à me faire passer des messages.

Un 15 avril. Une date redondante, cyclique dans mon/notre histoire.

Il y a six ans. Un 15 avril. Fraîchement largué, je l’avais appelé pour qu’il me réconforte. Ce n’était pas mon idée. Je n’ai pas pour habitude de me confier lorsque quelque chose ne va pas. Au contraire, je suis plutôt du genre à me replier sur moi. Pour me soigner de l’intérieur. Sans l’aide de personne. Parce que je suis plusieurs et que c’est ainsi que nous avons toujours procédé.

Mais, ce 15 avril là, en rentrant chez moi. Empruntant ce couloir de métro, qui depuis me rappelle chaque fois, chaque jour, à chaque passage, ce moment précis. Je l’ai appelé. Pour qu’il m’aide.

Et, ce soir-là. Ca a été notre fin à nous aussi.

Incapable de parler, il avait gentiment abrégé la conversation. Me conseillant d’appeler une autre personne. Personne dont je me fichais absolument.

Nous n’avons jamais pu surmonter cet événement. Tantôt par ma rage et rancune. Tantôt par son copain extrêmement jaloux. Tantôt par nos vies éloignées.

Il m’arrive encore de me demander si nous avions réellement envie que cela se produise. Ou si nous n’étions, finalement, pas mieux l’un sans l’autre. Je surestime même sûrement l’importance de notre relation passée et les souvenirs que j’ai pu lui laisser.

Ce que je sais, c’est que j’ai eu un réel coup de coeur pour ce garçon. Pas pour celui que tout le monde croyait connaître ou aurait voulu connaître (dans plusieurs sens d’ailleurs). Mais pour celui que j’ai eu la chance de découvrir. Je me souviens de tous ces moments où nous entrions dans une bulle, lui et moi. Mettant parfois mal à l’aise les gens qui nous entouraient. Je me rappelle de tous ces moments à deux. De ces messages que nous nous envoyions. Nous étions amis. Et je suis content d’avoir pu avoir cette complicité et cette place auprès de lui. Celle qui rendait jaloux et faisait parler tout le monde.

J’avais l’impression d’être spécial.

Je l’aimais beaucoup. C’était un garçon important pour moi. Et il ne sera jamais n’importe qui. Parce que dès le début, il était atypique.

Je souhaite que tout aille pour le mieux pour lui. Parce que je sais moi que c’est son coeur qui est « as big as you think ».

Je regretterai certainement d’avoir écrit tout ça. Mais j’y tenais.

Baby Blues Post-Japon.

J’ai passé deux semaines au Japon. D’abord à Osaka puis à Tokyo avant de rejoindre Okinawa. J’ai visité Kyoto, Nara et Kamakura. J’ai eu la chance de pouvoir voir le Mont Fuji de mon hublot lors d’un vol interne. J’ai eu des conversations adorables avec des japonais. On m’a spontanément pris en photo plusieurs fois alors que je visitais des temples ou lorsque je mangeais. On m’a demandé si je voulais bien être mannequin sur Harajuku. J’ai vu les gens ouvrir grands leurs yeux lorsqu’ils m’ont vu devenir dingue devant des publicités pour des produits Sailor Moon. J’ai mangé tout ce que je pouvais. J’ai pris le métro dans tous les sens. J’ai parlé japonais. Je me suis fait invité au resto par des Salary Men étonnés d’y voir un français.

J’ai oublié pendant deux semaines que j’étais français. Je me suis plié à toutes les coutumes. Je ne me suis pas mouché en public. Je n’ai pas mangé ni bu dans le métro. J’ai retiré mes chaussures partout où il fallait les retirer. Je n’ai pas parlé fort. Je n’ai pas dévisagé les gens. J’ai fait la queue pour rentrer dans un métro ou prendre un bus. J’ai traversé dans les passages cloutés quand le feu était au rouge uniquement. J’ai fait du bruit en aspirant mes Soba, Udon ou Ramen.

J’ai vécu deux semaines incroyables dans un pays que je connaissais sans le connaître réellement depuis ma plus tendre enfance. Parce que pendant que les gens de mon âge voulaient tous un jour fêter Halloween, moi je rêvais de faire le Hanami. Parce que l’American Way of Life ne m’intéressait pas. Parce que les personnages de mes mangas ou animés d’enfance me faisaient envie avec leur quotidien.

Et je suis revenu en France.

Lundi dernier. Après deux vols successifs. J’ai finalement retrouvé le sol français.

Arriver à CDG avec un bagage en moins. Voir la fille de la compagnie aérienne avoir une discussion privée avec sa collègue pendant qu’elle s’occupait de nous. Aller prendre le RER B. Me demander pourquoi un RER reliant deux aéroports n’offre aucune place pour ranger ma valise. Voir quinze garçons en jogging entre l’aéroport et chez moi. Me demander pourquoi la fille à côté de moi dans le RER me dévisage alors que je ne la connais pas. Entendre toute sa conversation insipide. Etre gêné par le parfum de chaque personne de la rame. M’extraire du RER à Châtelet.

Et une semaine après. Je ne me sens toujours pas bien.

Paris est sale. Les parisiens sont des sauvages. Les touristes se croient tout permis. Les gens jettent leurs mégots partout. Le service client dans les magasins est une honte. Les garçons s’habillent mal. Je hais les gens.

Je souffre au choix du Syndrome de Paris. D’un Baby Blues post-Japon. Ou d’un trop douloureux retour à la réalité.

Quoi qu’il en soit. Je fais le serment d’y retourner. Parce que bizarrement, je m’y suis senti chez moi. Mais je jure également de me battre pour que Paris soit respectée. Parce que c’est ma ville et que cela m’insupporte de la voir à ce point malmenée.

Bref, je suis rentré et il va me falloir un moment avant de m’en remettre.

 

Le Voyage d’Oslo Ohara.

 

Je suis au Japon. 

Il y a ceux qui rêvent de vivre l’American Dream. Moi, je n’avais qu’une envie. Le Japon. 

Yû Morisawa, Yû Hazuki, Usagi Tsukino, Kaede Kushinada, Subaru Sumeragi, Utena Tenjo, Hatsuharu Sohma, Rei Ayanami*, et toutes les héroïnes de Miyazaki. Je suis là.

Je suis là.

A bientôt ! 

* mais, qui est qui ? 

Venus Love-Me Chain !

J’ai été enchaîné à nouveau. Du coup, j’ai même crée une catégorie spéciale pour ces billets (qui a un rapport avec le gif).

ÉTAPE 1 : CITER LA PERSONNE QUI VOUS A ENCHAÎNÉE :

C’est Tambour Major qui m’a enchaîné. Et arrêtez de fantasmer maintenant. hu hu

ÉTAPE 2 : RACONTER 11 PETITS (OU GRANDS) SECRETS SUR SOI :

1. Je ne ressens pas le stress. Ce qui apparaît là comme une bénédiction est en réalité une catastrophe dans le monde professionnel. Souvent considéré comme « nonchalant », « je-m’en-foutiste » ou carrément « arrogant », je dois parfois feindre un état de stress pour apparaître… normal.

2. Je ne sais pas organiser. C’est impossible pour moi. Un planning, des vacances ou un programme, rien. Je ne sais pas faire. Je suis donc souvent « Suiveur » ou la « Personne Accommodante ». Je ne le vis pas particulièrement mal parce qu’il est parfois bénéfique de ne pas être responsable de choses planifiées (surtout quand elles tournent mal) et également parce qu’il faut des personnes comme moi. Sinon conflit d’organisateurs…

3. Il m’arrive parfois de passer en mode obsessionnel sur des habitudes. Par exemple, je peux manger chaque jour d’une semaine au McDo sans en avoir assez. Ou lorsque j’ai un gros coup de coeur pour une chanson, je peux l’écouter en boucle sur plusieurs journées sans m’en lasser.

4. Je ne suis pas en mesure d’avoir un contact physique avec une fille. Accolade, câlin, embrassade, bisou, j’ai l’impression d’être un personnage de Fruits Basket à constamment empêcher ce genre de contact. A l’inverse, tu as un pénis, viens dans mes bras même si je ne te connais pas.

5. Je suis d’une extrême pudeur avec ma famille et amis et à la fois, je peux être d’un extrême exhibitionnisme avec des inconnus. Choisissez votre camp.

6. Je préfère être éveillé la Nuit. Je m’y sens particulièrement bien, tout y est calme et serein. Pendant mes études, j’ai découvert que je disposais d’une « fenêtre d’utilisation optimale de mon cerveau » située entre 23h et 3h du matin. Encore aujourd’hui, ce sont mes heures les plus productives.

7. J’ai la peau du visage extrêmement grasse et les cheveux incroyablement secs. Mon front brille en permanence et une théorie de Jolies Lèvres veut qu’il s’agisse d’un signal d’appel pour que les gens de ma planète me retrouvent.

8. Dans un magasin, vous pouvez être sûr que le premier produit qui attirera mon oeil sera un produit féminin. Les trucs pour mecs sont tellement fades/sobres/classiques/attendus/moches.

9. Je rêve en couleur, énormément et intensément. Je suis en mesure de raconter mon ou mes rêves chaque matin. Je fais autant de rêves que d’endormissements chaque nuit. Plus jeune, j’ai fait une carte des lieux visités dans mes rêves et elle était cohérente. D’où cette théorie selon laquelle, je me réveille dans un monde parallèle chaque fois que je m’endors dans ce monde.

10. Je dois certainement sécréter une phéromone désinhibitrice parce que les gens viennent toujours me raconter leurs secrets, les inconnus viennent toujours me parler et souvent on me dit des choses qu’on ne devrait pas me dire.

A noter que j’avais déjà écrit un billet assez similaire, ici (allez-y et commentez !).

ÉTAPE 3 : RÉPONDRE AUX 11 QUESTIONS POSÉES PAR CELUI/CELLE QUI VOUS A DÉSIGNÉ(E) :

1/ Quelle(s) odeur(s) associes-tu à ton enfance ? Certainement l’odeur des cubes en mousse dans la salle de Gym des Gymnases.
2/ De quelle couleur sont tes yeux ? Mes yeux sont marrons. Un marron assez clair avec des pointes de vert. Mes amis prétendent donc qu’ils sont « caca d’oie ».
3/ Si j’ouvre ton frigo, je trouve quoi dans le bac à légumes ? Certainement… du coca.
4/ Un pays où tu n’es encore jamais allé et où tu rêves d’aller ? Dans quelques jours, j’irai là où j’ai toujours rêvé d’aller. Mais pour le moment c’est un secret.
5/ Parle-moi de ce professeur qui te terrorisait quand tu allais au collège/lycée ? Elles étaient deux. L’une était prof de CM1 et avait la réputation de donner des coups de pieds aux fesses monstrueux. L’autre était prof de CM2 et me faisait peur tant je l’imaginais hystérique. Toutes deux ont été absolument adorables avec moi lorsqu’elles m’ont connu (j’étais gentil et premier de la classe, ça aide).
6/ As-tu une devise ou une maxime qui te représente ? Et si oui, laquelle est-ce ? Rien n’arrive par hasard et on finit toujours par savoir pourquoi.
7/ Une chanson que tu fredonnes ou que tu écoutes lorsque tu es triste ? Si vous me voyez écouter When your heart is weak, The Promise you made et The Part that I miss de Cock Robin, c’est que ça va pas du tout.
8/ Quel est l’endroit le plus saugrenu où tu aies pensé au sexe ? Partout. Je suis toujours et constamment excité. Je dirais néanmoins dans le métro sur la Ligne 4 il y a quelques années lorsque je sortais avec Olivier (à qui j’ai fini par sortir mon zizi, oui messieurs-dames).
9/ La couleur de vêtements qui te va le moins ? Le bleu ciel, certainement. Non mais quelle idée !
10/ Si tu pouvais arrêter le temps, pendant une demi heure, une fois par jour, à quelle heure serait-ce ? Ce serait certainement pendant ma douche du matin. J’adore tellement être sous l’eau chaude.
11/ Quelle est, de ta vie la décision la plus dure que tu aies eu à prendre ? Le jour où, plus jeune, ma Mère m’a ordonné d’aller jeter une immense peluche parce qu’elle considérait que ce n’était plus adapté. Ca a été extrêmement dur.
ÉTAPE 4 : DÉNONCER À SON TOUR 11 PERSONNES QUI DEVRONT REPRENDRE TOUTES LES ETAPES DE CETTE CHAÎNE :
Je suis gentil, je ne taggue personne. (En plus, je ne connais plus de blog…). Du coup, pas d’étape 5 non plus. Oui, il m’arrive souvent de briser les chaines. C’est maaaal.
Voilà. Merci Tambour Major ! ♥

Parlez-moi de vous.

C’est au détour d’un tweet que je suis tombé sur ce billet puis sur celui-ci. Depuis longtemps déjà, j’avais eu envie d’un billet où je pourrais répondre à des questions. Et comme justement, j’ai trouvé ces questions originales, je me suis dit « Allons-y ! ».

1/ Aimeriez-vous être votre femme / votre mari ?

A vrai dire, j’ai beaucoup de mal à imaginer être quelqu’un d’autre. Il m’arrive souvent de regarder des personnes dans la rue et de me demander si j’aimerais être à leur place, dans leur corps… Et non, j’aime être Moi. Avec tout ce que cela implique. Je n’échangerais mon Moi contre rien au Monde.

Quant à mon Chéri, si c’est Lui que j’ai choisi c’est justement parce qu’il était très différent de moi. Donc, non.

2/ Qui auriez-vous préféré ne jamais rencontrer ?

Natalie Imbruglia a posté une photo récemment sur laquelle il était écrit « Chaque personne que j’ai rencontré m’a conduit à ce que je suis ». Et je suis tellement d’accord avec cette phrase que je serais prêt à rencontrer à nouveau les pires connards qui ont jalonné ma vie si je retournais dans le Temps.

Sans eux, je ne serais certainement pas la personne que je suis.

3/ Aimeriez-vous posséder la mémoire absolue ?

Je souffre d’Hypermnésie c’est à dire que je suis en mesure de me souvenir d’éléments de ma vie avec précision et détails. Par contre, je ne choisis pas ce dont je vais me souvenir. J’ai parfois des images passées insignifiantes que j’ai enregistré malgré moi qui me reviennent. Et je n’arrive pas à me défaire de ces souvenirs insipides ou même de souvenirs négatifs.

Contrairement à ce que l’on pense, se souvenir de tout fait mal. Aussi, j’avoue être effrayé à idée d’avoir une mémoire absolue.

4/ Quel mort aimeriez-vous revoir ?

Je ne sais pas trop. Une chose est certaine, personne que j’aurais connu. Plutôt une personne historique importante ou non d’ailleurs. L’envie d’apprendre la vie de personnes comme moi à d’autres époques et de pouvoir discuter/échanger.

Ou alors pouvoir rencontrer les premières incarnations de moi-même… Et là je vous ai perdu. hu hu

5/ Auriez-vous préféré appartenir à une autre nation (culture) et laquelle ?

J’ai cette chance d’être déjà un métissage de cultures. Né dans une famille maghrébine, en France, imprégné de séries américaines et ayant dévoré des mangas étant plus jeune. Je pense qu’aujourd’hui, on ne mesure plus à quel point nous avons été et sommes exposés à d’autres cultures. Et j’apprécie tellement cette possibilité.

Je suis déjà heureux d’appartenir à cette forme de culture mixée et d’absorber chaque jour, un petit peu plus, des éléments d’autres cultures.

6/ Quel âge aimeriez-vous atteindre?

Ce n’est pas tant un âge particulier que j’aimerais atteindre mais surtout des projets de vie. La naissance de mes enfants, leur adolescence, leur vie. Voir mon Chéri, mes Amis et ma Famille vieillir.

J’aimerais aussi avoir la chance de voir le futur, les futures découvertes scientifiques, les prochains grands pas de l’Humanité.

7/ S’il vous arrive de vous imaginer n’être pas né, cette idée vous trouble-t-elle?

L’idée de n’être pas né ne me trouble pas. C’est surtout celle que cela n’aurait rien changé qui me met mal à l’aise. Il serait particulièrement égocentrique de penser que nous accomplissons quelque chose d’irremplaçable qui ferait que si nous ne naissions pas, la Terre ne tournerait plus rond.

J’aime aussi penser que si je n’étais pas né comme je le suis, je me serais peut-être incarné différemment quoiqu’il arrive. Et paradoxalement, je trouve cela intéressant à imaginer.

8/ Quand vous pensez à des personnes décédées: souhaiteriez-vous que telle personne vous parle ou préféreriez-vous lui dire encore quelque chose?

Depuis tout jeune, je suis un peu effrayé des départs sans au revoir quels qu’ils soient. Partir sur une mauvaise note me faire peur. Aussi j’essaie de ne jamais en vouloir aux personnes qui m’entourent et je fais toujours en sorte qu’ils ne m’en veuillent pas non plus pour ne pas avoir de regrets.

9/ Aimez-vous quelqu’un ?

J’aime quelqu’un.

Et j’aime des quelqu’uns.

Quelques temps avant de me larguer, Jolies Lèvres, vraisemblablement embêté par les rumeurs sur moi et qui on sait, m’avait dit qu’il m’était possible d’aimer plusieurs personnes parce que j’avais suffisamment de place dans mon coeur pour.

Aujourd’hui, je sais qu’il n’était pas question de Place mais de Hiérarchie des sentiments. Je sais que je n’aimais pas ces garçons de la même façon.

Je sais aussi que j’ai des difficultés à exprimer mes sentiments à mes proches. Et qu’autant je suis à découvert face à celui que j’aime, autant je suis semblable à un Hérisson face à eux.

Mais j’aime, c’est sûr.

10/ Et qu’est-ce qui vous amène à cette conclusion ?

Je ne m’imagine pas sans eux. Et je ne les imagine pas sans moi. Je ressens de la tristesse en imaginant qu’ils disparaissent. Et j’ai mal en imaginant leur tristesse si je disparaissais.

Je ressens une forme de chaleur lorsque je suis avec eux, lorsque nous rigolons ou lorsque nous parlons.

Et pour moi c’est une évidence.

11/ A supposer que vous n’ayez jamais tué personne: comment expliquez-vous que vous n’en soyez jamais arrivé là ?

La Vie est précieuse. C’est un principe. Rien ne justifie qu’on en vienne à tuer quelqu’un. Absolument rien. L’Homme a crée la Justice pour punir les gens qui font du mal. Elle doit s’affranchir de toute vendetta ou loi du talion. Je suis fermement opposé à la Peine de Mort.

Et en tant que croyant, j’imagine que les personnes qui font du mal seront de toutes façons punies d’une manière ou d’une autre. Karma is a bitch.

12/ Quel espoir avez-vous abandonné ?

L’espoir de retrouver mes cheveux, certainement.

Voilà, vous savez tout. N’hésitez pas. J’adore les questions.

iPhone Prism Power, Make Up ! (2)

-2

Et cette fois-ci, je n’ai pu empêcher que l’on me prenne mon téléphone. C’est arrivé bêtement. Directement pioché dans ma poche lors d’une correspondance dans le métro. C’est l’arrêt de la musique qui m’a averti. Et je me suis lancé à fond contre celui que j’ai pris pour le voleur.

Mais ce n’était pas lui.

Je suis resté deux semaines sans mon téléphone. Une expérience étrange. J’ai souvent l’impression d’être comme Satsuki Yatouji d’X de Clamp. Une personne connectée aux machines. Non pas esclave des machines mais disposant d’un lien spécial avec elles.

Cela avait commencé avec mon magnétoscope lorsque j’étais plus jeune, puis mon premier ordinateur, mon premier iphone (et le suivant) puis ma tablette. Aussi pathétique que cela puisse paraître, j’ai toujours eu envie de les appeler « Amis ». Peut-être parce que dans ma forteresse secrète, ils étaient/sont le seul lien entre l’extérieur et mon monde intérieur*.

Ainsi, sans téléphone, j’étais également sans musique. Et sans musique, les transports parisiens me paraissent interminables. Je n’aime pas être connecté aux autres dans les transports. Je n’aime pas devoir supporter la vie d’inconnus, leurs bruits, leurs conversations insipides. Je n’ai pas envie que l’on m’aborde, que l’on me parle ou que l’on tente le moindre contact.

Dans les transports, je souhaite ne pas exister. Etre le plus invisible possible. Je n’ai pas les murs de mon Chez-moi pour me protéger. Alors, mes écouteurs sont le seul moyen pour dissuader les gens de m’envahir. Eux, et mon visage fermé.

Pour survivre, j’ai ressorti mon premier Iphone. Celui-là même que l’on avait tenté de me prendre de bon matin en 2008, sur la Ligne 3**. Celui-là même qui semble s’être figé en 2010.

Musiques, messages, notes et photos. C’était comme si j’étais retourné dans le temps. Quelques jours après mon dernier billet dans lequel je parlais encore d’Eux. Ils étaient partout. Partout dans ce téléphone. Et ils étaient encore là, avec moi.

J’ai pu relire les reproches que je leur ai lancé à la figure. Les promesses qu’ils m’ont faites. J’ai pu relire mes débuts avec Kevin Bacon et comment j’avais peur de me laisser aller. J’étais en train de lire mon Moi-2010.

Et je n’ai pas pu supporter plus d’un trajet avec.

* je reparlerai de tout cela.
** un très vieux billet plein de fautes et de niaiseries. Je viens de relire les commentaires et… où sont passées toutes ces personnes ??? <3

Et au fur et à mesure, je libère de vieux billets de Beur-Boy prisonniers…

Ils étaient mes Hommes.

Je vais parfois espionner leurs vies virtuelles et je me mets à sourire avec affection. Parce qu’ils étaient mes Hommes et que le Temps ne changera jamais ce que j’ai pu ressentir pour eux.

Je regarde leur nouvelle photo de profil sur Facebook. Et j’aime comme ils ont vieilli. Même s’ils étaient tous plus ou moins obnubilés par leurs physiques et leur sainte Jeunesse. Je les trouve beaux maintenant. Maintenant qu’ils ont grandi.

Parfois, j’ai accès à ce qu’ils vivent présentement. Et je suis agréablement surpris de ce qu’ils deviennent.

Parfois, je dois ruser pour pouvoir voir ne serait-ce qu’une photo. Et je me retrouve face à une photo postée sur le Facebook du père d’un d’entre eux.

J’ai souvent honte de le faire. Mais j’ai cette impression de veiller sur eux à distance. Parce que je leur souhaite à tous d’être heureux.

Nous ne serons jamais réunis. Et nous ne nous reverrons certainement jamais. Je n’ai pas forcément envie qu’il en soit autrement. Je suis aujourd’hui quelqu’un d’autre. Et je n’ai plus rien à voir avec celui que j’étais alors.

Je suis retombé sur de vieux mails et messages que je leur envoyais. A l’époque où j’étais une princesse capricieuse. Et je me suis demandé comment ils avaient pu supporter cela. Ces longs messages échangés quand la moindre chose n’allaient pas.

Je n’étais ni serein. Ni sécure. Je manquais de confiance en moi. Je ne voyais pas.

Et si c’est moi qui ai pris la décision de quitter la plupart d’entre eux, je sais aujourd’hui qu’ils en ont été les plus soulagés. Preuve en est le fait que je parle d’eux aussi longtemps après.

Eux m’ont probablement oublié. Ou pas. Je ne le sais pas.

Moi, je pense souvent à eux.

Il y avait un brun, un grand blond, un garçon à la mâchoire carrée, un vietnamien, un hyperlaxe, un garçon aux yeux vairons, un petit brun, un bordelais.

Ils étaient mes Hommes. Pas mes Amoureux. Juste mes Hommes. Mon essaim de garçons rechargeant mes batteries par leurs câlins.

Et si, un jour, vous les croisiez, replacez moi dans leurs mémoires en prononçant simplement mon prénom.

Mon prénom.

Oslo Décembre Deux.

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Décembre est à moi. C’est mon Mois. C’est également mon Moi.

Il fait nuit plus tôt et j’adore la Nuit. Tout y est plus paisible. Pas de nuisance. Personne dans les rues. Le calme parfait.

C’est également l’arrivée du froid. Normalement. Même si cette année, il s’est fait attendre. Mais il est là. Il est enfin là. Ce froid qui glace mes joues. Me donnant l’impression d’être vivant. De respirer pour de vrai. Ce froid qui, cependant, me fait craindre pour les personnes qui dorment dehors. Celles qui n’ont pas la chance d’avoir un abri.

Décembre c’est également le mois de mon anniversaire. Je suis né le 02 décembre. Et c’est notre jour à nous. A tous ceux qui sont dans ma tête. C’est le jour où je ressens le besoin de tous nous recentrer. Et c’est la raison pour laquelle j’aime y être seul. Et je m’arrange pour ne jamais y travailler.

Cette année. Etonnamment. Je n’ai pas respecté ma tradition. Et suis sorti. Je suis allé voir la Tour Eiffel avec mes amies. Une envie soudaine. Voir quelque chose d’éternel. Présent avant moi et surement encore là après moi.

La veille. Ma Mère a perdu son meilleur ami. Ils se connaissaient depuis 34 ans. 34 ans d’une amitié indéfectible. Et elle a été la dernière personne qu’il a appelé avant que l’Infirmière ne l’avertisse qu’elle devait raccrocher pour lui porter secours. Hospitalisé pour un cancer du poumon, il avait choisi de l’appeler Elle, au moment où il s’est senti partir.

Une amitié de 34 ans. Quand parfois je repense aux Garçons. Ces amis. Mes premiers Amis sans « e » qui n’ont pas tenu plus de deux ans. Sortir le jour de mon anniversaire, c’était également le remède à cette déception d’attendre un message de l’un d’eux. De deux. Ou des trois. Un message qui ne viendra pas. Comme l’an dernier. Et l’an d’avant encore.

Mon anniversaire a eu un goût différent. Aussi parce que j’ai maintenant 32 ans. L’âge à laquelle une autre version de moi fraîchement recasée rencontre les parents de ce garçon très gentil. L’âge où cette autre version tient une petite fille dans ses bras et lui présente ses deux cousines nées plus tôt cette année. L’âge où cette autre version inconsciente fait des bêtises sur un toit.

Parce qu’il n’est déjà pas suffisamment compliqué de suivre tous les Moi qui sont dans ma tête, il faut également qu’au travers de rêves, je découvre la vie des Moi d’autres univers. l’Alter-Vu.

Le Mois de Décembre. C’est l’arrivée des fêtes. De ce Noël insipide et commercial, complètement hypocrite que je dénonçais déjà l’an dernier. Et du réveillon du 31. Celui qui dit « ensemble au 31, ensemble toute l’année ».

Et je sais déjà avec qui je serai. Parce que je veux être avec Lui. Tout le temps. Toujours. Je crois que nous le voulons Tous. Nous Tous. Mes Moi. Tous mes Moi. Tous ces points de lumière dans ma tête correspondant à des galaxies de Moi.

Parce que Décembre est le Mois de mes Moi.

Les premiers moments gays sur l’Internet d’un jeune inverti qui allait finir par craquer sur Pavel Novotny.

Je me suis souvenu. Avec amusement. De mes premiers moments de jeune inverti sur internet.

Aujourd’hui. Tout est instantané ou presque. Les images de pages internet se chargent immédiatement avec le texte. On peut télécharger un épisode de série en deux minutes chrono et un film entier en un rien de temps.

Mais au tout début ?

C’est en 2000 qu’Internet fait son entrée chez mes parents. L’ordinateur était dans ma chambre et mes frères et moi partagions les 30 heures mensuelles plus ou moins équitablement. C’est à dire, surtout moi. (On passera à l’ADSL et à l’Internet illimité l’année suivante – LA VRAIE VIE).

Mais les débuts, c’était quand même assez folklorique.

A l’époque où le chargement d’une seule image prenait bien quelques minutes. Pour une qualité souvent merdique. Il fallait surtout bien choisir sur quelle image on devait cliquer. Le temps d’attente pouvant très vite nous faire regretter d’avoir pris la mauvaise.

On pouvait aussi voir débarquer quelqu’un, pile poil, quand l’image finissait de charger le gros paquet (ou pire) du monsieur. Et on s’empressait alors de cliquer pour tout cacher. Bye bye forfait.

A l’époque, le choix était quand même assez limité en photo et on se retrouvait souvent avec un vieux gars assez vintage en 501-moustache Magnum, quequette à la main.

Et s’il fallait bien plusieurs minutes pour une pauvre photo en jpeg, je ne vous rappelle/apprends même pas le temps qu’il fallait pour une mini vidéo toute petite de 2 minutes 24. Oui parce que souvent et allez savoir pourquoi, elles duraient 2 minutes 24 et on avait attendu au minimum 49 minutes pour la charger.

Pour télécharger du porno, il fallait devenir un agent secret. Ouvrir Napster de nuit, taper « Gay Pron » (et non « Gay Porn ») et essayer de dormir avec le bruit du ventilo de l’ordi. Foncer sur l’ordi au petit matin, à peine réveillé et déplacer la vidéo dans un dossier top secret. Et chez moi c’était forcément un dossier « Nouveau Dossier » caché dans un autre dossier appelé « Sailor Moon » – repoussoir pour mes frères.

C’était l’époque où je regardais ces vidéos sans son de peur que mes frères dans la chambre d’à côté entendent des cris de mecs qui prennent leur pied voire plus. Et l’époque où j’attendais la nuit pour me masturber de peur que mon père entre comme toujours dans ma chambre sans s’annoncer.

Repensant à tout cela, je me suis souvenu que ma première vidéo porno était une Bel Ami. Et que les premiers messieurs qui faisaient des trucs en tchécoslovaque étaient Lukas Ridgestone et Ion Davidov.

Je me souviens aussi qu’à la lecture de cette vidéo, je n’avais pour ainsi dire jamais couché avec un garçon. Ca m’avait l’air aussi étrange qu’excitant.

C’était mes débuts d’Homo Sapiens Internatus Onanis. Et j’ai souri bêtement en repensant à ça l’autre jour. C’est le genre de petites histoires que les jeunes d’aujourd’hui ne vivront pas et je trouve cela bien dommage pour eux. Aujourd’hui, ils croulent sous la multitude de photos de garçons nus qui finissent par tous se ressembler et de vidéos de pornstars éphémères.

Je leur souhaite un jour de vivre l’histoire d’amour impossible que j’ai vécu avec Pavel Novotny pendant quelques années.

Mouahahaha.
A Suivre.

Le Livre des Garçons : Vince75.

Reprenons le Livre.

Nous sommes en Janvier 2002. Je suis maintenant séparé de Vin100. Je pensais pouvoir créer quelque chose avec ce garçon de ma fac, Miko. Mais ça ne prend pas. L’histoire est compliquée et finit mal.

Pour oublier Miko, je passe l’Eté 2002 à rencontrer des garçons grâce à Gayvox. Des têtes-à-têtes d’une heure ou deux, rarement plus, autour d’un café, très rarement plus. Cet été est l’un de mes souvenirs les plus importants. Et j’aurai l’occasion d’y revenir.

En Septembre, je discute en ligne avec Vince75. Plus âgé que moi à l’époque. J’en ai 19, il en a 25. Il porte une chemise blanche sur sa photo et son profil dit qu’il a les yeux verts. Comme toujours, je m’emballe avant même la rencontre. Et nous finissons par nous appeler.

Avant cet appel, il me met en garde. Il a une particularité : sa voix et il complexe dessus. Complexant également sur la mienne, à l’époque, bien féminine (comme tout d’ailleurs), je le rassure et nous nous fixons un rendez-vous.

Je ne me souviens pas réellement de notre première Date. Je sais juste qu’elle a fini très tard et très chaudement sur les quais, lui assis sur un banc et moi sur Lui, l’embrassant.

Quelques jours plus tard, on se donnait rendez-vous près de la Tour Eiffel. Et je trouvais cela très romantique (oui à l’époque, j’étais une écolière japonaise fleur bleue, aujourd’hui je serai le premier à me crever les yeux devant autant de mièvrerie). Toujours est-il qu’assis sous la Tour Eiffel, il allait me massacrer mon petit coeur de Candy.

Je ne sais plus de quoi nous parlions, mais peut-être s’était-il senti obligé de me calmer ou de me faire redescendre de mon nuage. Et il prononça alors les mots qui ne me quittèrent plus jamais. Je crois d’ailleurs que chacun des Garçons du Livre m’a dit une phrase qui m’a fait mal et que je n’ai jamais oublié.

« Je n’ai pas eu d’étincelles. »

J’ai fait comme si tout allait bien. Comme si j’étais un adulte, ce que je n’étais pas. Et nous avons marché jusqu’au Marais où nous avons pris un verre. Sourire à l’extérieur, malaise à l’intérieur. Les échos de cette phrase n’arrêtaient plus.

Je me souviens avoir prétexté aller aux toilettes. Je me suis regardé dans le miroir et je me suis demandé ce que je devais faire. Lui laisser du temps ? Arrêter tout, de suite ?

Je suis revenu m’assoir et lui ai annoncé que je n’attendrai pas. Et je suis parti.

Nous nous sommes revu deux ans plus tard, une fois dans le métro et une autre fois pour un « Réveil à deux ». Nous avions repris contact et il m’avait proposé de venir me réveiller avec lui. J’adorais cette idée d’arriver, me mettre au lit avec un garçon et finir ma nuit (idée que je n’ai retentée qu’une fois, début 2008, très chastement avec ekkooo).

Il habitait Rue Caulaincourt dans un appartement situé… en sous-sol, ce qui m’avait choqué avant que je comprenne que Paris n’était pas aussi plat que je l’imaginais. Je suis arrivé, nous nous sommes mis au lit et… nous nous sommes endormis. A notre réveil, il a commencé les hostilités et j’ai découvert qu’il était très bien fait (de partout). Ce que je n’avais pas pu constater deux ans plus tôt.

Mais, mon Ange Gardien, ne souhaitant pas que je me corrompe avec n’importe qui, a décidé qu’il ne se passerait rien. Son téléphone s’est mis à sonner. C’était son collègue, il arrivait dans quelques instants. Il m’a proposé de rester mais j’ai poliment refusé et suis reparti.

Je me souviens que j’avais un grand sourire. Sans regrets. Sans remords. Et c’est la dernière fois que je l’ai vu.