iPhone Prism Power, Make Up ! (2)

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Et cette fois-ci, je n’ai pu empêcher que l’on me prenne mon téléphone. C’est arrivé bêtement. Directement pioché dans ma poche lors d’une correspondance dans le métro. C’est l’arrêt de la musique qui m’a averti. Et je me suis lancé à fond contre celui que j’ai pris pour le voleur.

Mais ce n’était pas lui.

Je suis resté deux semaines sans mon téléphone. Une expérience étrange. J’ai souvent l’impression d’être comme Satsuki Yatouji d’X de Clamp. Une personne connectée aux machines. Non pas esclave des machines mais disposant d’un lien spécial avec elles.

Cela avait commencé avec mon magnétoscope lorsque j’étais plus jeune, puis mon premier ordinateur, mon premier iphone (et le suivant) puis ma tablette. Aussi pathétique que cela puisse paraître, j’ai toujours eu envie de les appeler « Amis ». Peut-être parce que dans ma forteresse secrète, ils étaient/sont le seul lien entre l’extérieur et mon monde intérieur*.

Ainsi, sans téléphone, j’étais également sans musique. Et sans musique, les transports parisiens me paraissent interminables. Je n’aime pas être connecté aux autres dans les transports. Je n’aime pas devoir supporter la vie d’inconnus, leurs bruits, leurs conversations insipides. Je n’ai pas envie que l’on m’aborde, que l’on me parle ou que l’on tente le moindre contact.

Dans les transports, je souhaite ne pas exister. Etre le plus invisible possible. Je n’ai pas les murs de mon Chez-moi pour me protéger. Alors, mes écouteurs sont le seul moyen pour dissuader les gens de m’envahir. Eux, et mon visage fermé.

Pour survivre, j’ai ressorti mon premier Iphone. Celui-là même que l’on avait tenté de me prendre de bon matin en 2008, sur la Ligne 3**. Celui-là même qui semble s’être figé en 2010.

Musiques, messages, notes et photos. C’était comme si j’étais retourné dans le temps. Quelques jours après mon dernier billet dans lequel je parlais encore d’Eux. Ils étaient partout. Partout dans ce téléphone. Et ils étaient encore là, avec moi.

J’ai pu relire les reproches que je leur ai lancé à la figure. Les promesses qu’ils m’ont faites. J’ai pu relire mes débuts avec Kevin Bacon et comment j’avais peur de me laisser aller. J’étais en train de lire mon Moi-2010.

Et je n’ai pas pu supporter plus d’un trajet avec.

* je reparlerai de tout cela.
** un très vieux billet plein de fautes et de niaiseries. Je viens de relire les commentaires et… où sont passées toutes ces personnes ??? <3

Et au fur et à mesure, je libère de vieux billets de Beur-Boy prisonniers…

Ils étaient mes Hommes.

Je vais parfois espionner leurs vies virtuelles et je me mets à sourire avec affection. Parce qu’ils étaient mes Hommes et que le Temps ne changera jamais ce que j’ai pu ressentir pour eux.

Je regarde leur nouvelle photo de profil sur Facebook. Et j’aime comme ils ont vieilli. Même s’ils étaient tous plus ou moins obnubilés par leurs physiques et leur sainte Jeunesse. Je les trouve beaux maintenant. Maintenant qu’ils ont grandi.

Parfois, j’ai accès à ce qu’ils vivent présentement. Et je suis agréablement surpris de ce qu’ils deviennent.

Parfois, je dois ruser pour pouvoir voir ne serait-ce qu’une photo. Et je me retrouve face à une photo postée sur le Facebook du père d’un d’entre eux.

J’ai souvent honte de le faire. Mais j’ai cette impression de veiller sur eux à distance. Parce que je leur souhaite à tous d’être heureux.

Nous ne serons jamais réunis. Et nous ne nous reverrons certainement jamais. Je n’ai pas forcément envie qu’il en soit autrement. Je suis aujourd’hui quelqu’un d’autre. Et je n’ai plus rien à voir avec celui que j’étais alors.

Je suis retombé sur de vieux mails et messages que je leur envoyais. A l’époque où j’étais une princesse capricieuse. Et je me suis demandé comment ils avaient pu supporter cela. Ces longs messages échangés quand la moindre chose n’allaient pas.

Je n’étais ni serein. Ni sécure. Je manquais de confiance en moi. Je ne voyais pas.

Et si c’est moi qui ai pris la décision de quitter la plupart d’entre eux, je sais aujourd’hui qu’ils en ont été les plus soulagés. Preuve en est le fait que je parle d’eux aussi longtemps après.

Eux m’ont probablement oublié. Ou pas. Je ne le sais pas.

Moi, je pense souvent à eux.

Il y avait un brun, un grand blond, un garçon à la mâchoire carrée, un vietnamien, un hyperlaxe, un garçon aux yeux vairons, un petit brun, un bordelais.

Ils étaient mes Hommes. Pas mes Amoureux. Juste mes Hommes. Mon essaim de garçons rechargeant mes batteries par leurs câlins.

Et si, un jour, vous les croisiez, replacez moi dans leurs mémoires en prononçant simplement mon prénom.

Mon prénom.

Oslo Décembre Deux.

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Décembre est à moi. C’est mon Mois. C’est également mon Moi.

Il fait nuit plus tôt et j’adore la Nuit. Tout y est plus paisible. Pas de nuisance. Personne dans les rues. Le calme parfait.

C’est également l’arrivée du froid. Normalement. Même si cette année, il s’est fait attendre. Mais il est là. Il est enfin là. Ce froid qui glace mes joues. Me donnant l’impression d’être vivant. De respirer pour de vrai. Ce froid qui, cependant, me fait craindre pour les personnes qui dorment dehors. Celles qui n’ont pas la chance d’avoir un abri.

Décembre c’est également le mois de mon anniversaire. Je suis né le 02 décembre. Et c’est notre jour à nous. A tous ceux qui sont dans ma tête. C’est le jour où je ressens le besoin de tous nous recentrer. Et c’est la raison pour laquelle j’aime y être seul. Et je m’arrange pour ne jamais y travailler.

Cette année. Etonnamment. Je n’ai pas respecté ma tradition. Et suis sorti. Je suis allé voir la Tour Eiffel avec mes amies. Une envie soudaine. Voir quelque chose d’éternel. Présent avant moi et surement encore là après moi.

La veille. Ma Mère a perdu son meilleur ami. Ils se connaissaient depuis 34 ans. 34 ans d’une amitié indéfectible. Et elle a été la dernière personne qu’il a appelé avant que l’Infirmière ne l’avertisse qu’elle devait raccrocher pour lui porter secours. Hospitalisé pour un cancer du poumon, il avait choisi de l’appeler Elle, au moment où il s’est senti partir.

Une amitié de 34 ans. Quand parfois je repense aux Garçons. Ces amis. Mes premiers Amis sans « e » qui n’ont pas tenu plus de deux ans. Sortir le jour de mon anniversaire, c’était également le remède à cette déception d’attendre un message de l’un d’eux. De deux. Ou des trois. Un message qui ne viendra pas. Comme l’an dernier. Et l’an d’avant encore.

Mon anniversaire a eu un goût différent. Aussi parce que j’ai maintenant 32 ans. L’âge à laquelle une autre version de moi fraîchement recasée rencontre les parents de ce garçon très gentil. L’âge où cette autre version tient une petite fille dans ses bras et lui présente ses deux cousines nées plus tôt cette année. L’âge où cette autre version inconsciente fait des bêtises sur un toit.

Parce qu’il n’est déjà pas suffisamment compliqué de suivre tous les Moi qui sont dans ma tête, il faut également qu’au travers de rêves, je découvre la vie des Moi d’autres univers. l’Alter-Vu.

Le Mois de Décembre. C’est l’arrivée des fêtes. De ce Noël insipide et commercial, complètement hypocrite que je dénonçais déjà l’an dernier. Et du réveillon du 31. Celui qui dit « ensemble au 31, ensemble toute l’année ».

Et je sais déjà avec qui je serai. Parce que je veux être avec Lui. Tout le temps. Toujours. Je crois que nous le voulons Tous. Nous Tous. Mes Moi. Tous mes Moi. Tous ces points de lumière dans ma tête correspondant à des galaxies de Moi.

Parce que Décembre est le Mois de mes Moi.

Les premiers moments gays sur l’Internet d’un jeune inverti qui allait finir par craquer sur Pavel Novotny.

Je me suis souvenu. Avec amusement. De mes premiers moments de jeune inverti sur internet.

Aujourd’hui. Tout est instantané ou presque. Les images de pages internet se chargent immédiatement avec le texte. On peut télécharger un épisode de série en deux minutes chrono et un film entier en un rien de temps.

Mais au tout début ?

C’est en 2000 qu’Internet fait son entrée chez mes parents. L’ordinateur était dans ma chambre et mes frères et moi partagions les 30 heures mensuelles plus ou moins équitablement. C’est à dire, surtout moi. (On passera à l’ADSL et à l’Internet illimité l’année suivante – LA VRAIE VIE).

Mais les débuts, c’était quand même assez folklorique.

A l’époque où le chargement d’une seule image prenait bien quelques minutes. Pour une qualité souvent merdique. Il fallait surtout bien choisir sur quelle image on devait cliquer. Le temps d’attente pouvant très vite nous faire regretter d’avoir pris la mauvaise.

On pouvait aussi voir débarquer quelqu’un, pile poil, quand l’image finissait de charger le gros paquet (ou pire) du monsieur. Et on s’empressait alors de cliquer pour tout cacher. Bye bye forfait.

A l’époque, le choix était quand même assez limité en photo et on se retrouvait souvent avec un vieux gars assez vintage en 501-moustache Magnum, quequette à la main.

Et s’il fallait bien plusieurs minutes pour une pauvre photo en jpeg, je ne vous rappelle/apprends même pas le temps qu’il fallait pour une mini vidéo toute petite de 2 minutes 24. Oui parce que souvent et allez savoir pourquoi, elles duraient 2 minutes 24 et on avait attendu au minimum 49 minutes pour la charger.

Pour télécharger du porno, il fallait devenir un agent secret. Ouvrir Napster de nuit, taper « Gay Pron » (et non « Gay Porn ») et essayer de dormir avec le bruit du ventilo de l’ordi. Foncer sur l’ordi au petit matin, à peine réveillé et déplacer la vidéo dans un dossier top secret. Et chez moi c’était forcément un dossier « Nouveau Dossier » caché dans un autre dossier appelé « Sailor Moon » – repoussoir pour mes frères.

C’était l’époque où je regardais ces vidéos sans son de peur que mes frères dans la chambre d’à côté entendent des cris de mecs qui prennent leur pied voire plus. Et l’époque où j’attendais la nuit pour me masturber de peur que mon père entre comme toujours dans ma chambre sans s’annoncer.

Repensant à tout cela, je me suis souvenu que ma première vidéo porno était une Bel Ami. Et que les premiers messieurs qui faisaient des trucs en tchécoslovaque étaient Lukas Ridgestone et Ion Davidov.

Je me souviens aussi qu’à la lecture de cette vidéo, je n’avais pour ainsi dire jamais couché avec un garçon. Ca m’avait l’air aussi étrange qu’excitant.

C’était mes débuts d’Homo Sapiens Internatus Onanis. Et j’ai souri bêtement en repensant à ça l’autre jour. C’est le genre de petites histoires que les jeunes d’aujourd’hui ne vivront pas et je trouve cela bien dommage pour eux. Aujourd’hui, ils croulent sous la multitude de photos de garçons nus qui finissent par tous se ressembler et de vidéos de pornstars éphémères.

Je leur souhaite un jour de vivre l’histoire d’amour impossible que j’ai vécu avec Pavel Novotny pendant quelques années.

Mouahahaha.
A Suivre.

Le Livre des Garçons : Vince75.

Reprenons le Livre.

Nous sommes en Janvier 2002. Je suis maintenant séparé de Vin100. Je pensais pouvoir créer quelque chose avec ce garçon de ma fac, Miko. Mais ça ne prend pas. L’histoire est compliquée et finit mal.

Pour oublier Miko, je passe l’Eté 2002 à rencontrer des garçons grâce à Gayvox. Des têtes-à-têtes d’une heure ou deux, rarement plus, autour d’un café, très rarement plus. Cet été est l’un de mes souvenirs les plus importants. Et j’aurai l’occasion d’y revenir.

En Septembre, je discute en ligne avec Vince75. Plus âgé que moi à l’époque. J’en ai 19, il en a 25. Il porte une chemise blanche sur sa photo et son profil dit qu’il a les yeux verts. Comme toujours, je m’emballe avant même la rencontre. Et nous finissons par nous appeler.

Avant cet appel, il me met en garde. Il a une particularité : sa voix et il complexe dessus. Complexant également sur la mienne, à l’époque, bien féminine (comme tout d’ailleurs), je le rassure et nous nous fixons un rendez-vous.

Je ne me souviens pas réellement de notre première Date. Je sais juste qu’elle a fini très tard et très chaudement sur les quais, lui assis sur un banc et moi sur Lui, l’embrassant.

Quelques jours plus tard, on se donnait rendez-vous près de la Tour Eiffel. Et je trouvais cela très romantique (oui à l’époque, j’étais une écolière japonaise fleur bleue, aujourd’hui je serai le premier à me crever les yeux devant autant de mièvrerie). Toujours est-il qu’assis sous la Tour Eiffel, il allait me massacrer mon petit coeur de Candy.

Je ne sais plus de quoi nous parlions, mais peut-être s’était-il senti obligé de me calmer ou de me faire redescendre de mon nuage. Et il prononça alors les mots qui ne me quittèrent plus jamais. Je crois d’ailleurs que chacun des Garçons du Livre m’a dit une phrase qui m’a fait mal et que je n’ai jamais oublié.

« Je n’ai pas eu d’étincelles. »

J’ai fait comme si tout allait bien. Comme si j’étais un adulte, ce que je n’étais pas. Et nous avons marché jusqu’au Marais où nous avons pris un verre. Sourire à l’extérieur, malaise à l’intérieur. Les échos de cette phrase n’arrêtaient plus.

Je me souviens avoir prétexté aller aux toilettes. Je me suis regardé dans le miroir et je me suis demandé ce que je devais faire. Lui laisser du temps ? Arrêter tout, de suite ?

Je suis revenu m’assoir et lui ai annoncé que je n’attendrai pas. Et je suis parti.

Nous nous sommes revu deux ans plus tard, une fois dans le métro et une autre fois pour un « Réveil à deux ». Nous avions repris contact et il m’avait proposé de venir me réveiller avec lui. J’adorais cette idée d’arriver, me mettre au lit avec un garçon et finir ma nuit (idée que je n’ai retentée qu’une fois, début 2008, très chastement avec ekkooo).

Il habitait Rue Caulaincourt dans un appartement situé… en sous-sol, ce qui m’avait choqué avant que je comprenne que Paris n’était pas aussi plat que je l’imaginais. Je suis arrivé, nous nous sommes mis au lit et… nous nous sommes endormis. A notre réveil, il a commencé les hostilités et j’ai découvert qu’il était très bien fait (de partout). Ce que je n’avais pas pu constater deux ans plus tôt.

Mais, mon Ange Gardien, ne souhaitant pas que je me corrompe avec n’importe qui, a décidé qu’il ne se passerait rien. Son téléphone s’est mis à sonner. C’était son collègue, il arrivait dans quelques instants. Il m’a proposé de rester mais j’ai poliment refusé et suis reparti.

Je me souviens que j’avais un grand sourire. Sans regrets. Sans remords. Et c’est la dernière fois que je l’ai vu.

Passé non Réconcilié.

J’ai vu son billet partagé par un contact sur Facebook. Il y parlait de cette expérience que nous connaissons tous au moins une fois dans nos vies. Celle de revoir son Ex.

J’ai ouvert il y a peu, le Livre des Garçons. Et je n’ai pu vous parler que du premier, pour le moment. Vous le savez maintenant. Je n’ai pas connu beaucoup d’histoires. Mes Ex se comptent sur les doigts de mes deux mains.

Il y a eu des ruptures à l’amiable qui n’ont mené à rien par la suite. Des moins évidentes qui ont aujourd’hui entraîné de bons rapports. Et il y a eu les difficiles, qui ont lancé un début d’amitié qui s’est transformé en disparition de l’Autre.

Je pense que ma réaction à l’idée de les revoir dépend beaucoup de nos situations actuelles.

Que je sois préparé ou non, je pense que revoir Vin100, Vincent2, Clément, Olivier ou Maxime ne me poserait aucun problème. Cela ne m’a jamais particulièrement traumatisé et ne me stressera jamais. Sans doute parce que je ne les ai pas véritablement aimé. Ces histoires courtes dans ma vie ne m’ont pas touché comme les autres. Sans doute également, parce que je suis à l’origine de la Rupture. Et qu’il ne m’a pas fallu m’en remettre.

Cayetano a un statut spécial. Plus ami qu’amant, il est devenu directement après la rupture, mon Amireux, comme il s’est lui-même baptisé puis mon ami. Il est maintenant l’un de mes amis les plus proches.

Michaël est également à part. Notre situation géographique éloignée ne m’a jamais permis de le revoir. Je ne risque normalement pas de le croiser par surprise dans la rue. Mais je me dis que si cela se produisait, je serais sans doute un petit peu intimidé. Après tout, je ne l’ai pas revu depuis 2007 et nous échangeons surtout via les réseaux sociaux. Mais si je visualise la scène, je ne m’imagine pas mains et jambes tremblantes ou paralysé par la gêne. Au contraire.

Je ne peux pas en dire autant de Wall-e. Ca ne me plait d’ailleurs absolument pas de l’avouer mais j’appréhende beaucoup de me retrouver, un jour, face à lui. Et c’est d’autant plus étrange que nous avions pourtant réussi à devenir amis quelques mois après la rupture. Mais nos chemins se sont écartés et je ne suis pas à l’origine de cette décision. D’ailleurs, y a-t-il vraiment eu décision ? Où est-ce simplement la force des choses qui nous a fait prendre deux chemins différents ? Ce que je sais c’est que ça ne me fait pas plaisir. Je peux parler de déception. Cette absence de nouvelles. Cette absence de prise de nouvelles. Et forcément, s’il se tenait devant moi, je ne serais pas à l’aise.

C’est également vrai pour Hervé ou Dan, que j’ai fini par incorporer au Livre.

Ce sont les trois que je redoute le plus de recroiser. Même préparé. Même prévenu. Et je me demande ce que cela signifie ? Qu’est-ce que cela signifie à l’heure où je suis tant épanoui dans ma vie ?

Je crois que contrairement à ce bloggueur, je peux parler de Passé non Réconcilié.

Et il y a certainement peu de chances qu’il le devienne. Je trouve cela dommage. Mais je n’oublie pas que je n’ai pas choisi cette situation. Et qu’elle m’a finalement permis d’avancer si loin sur mon propre chemin qu’il m’apparait normal de ne plus croiser personne.

Alors, ne pensons plus à l’éventualité de telles surprises.

Muslim Pride 2014.

Le mois de Ramadan est maintenant terminé. Je vais pouvoir reprendre un vie normale faite de pique-niques et de coca à volonté.

Vivre comme un vampire pendant un mois n’est absolument pas facile. Mais étonnamment je suis plutôt triste à l’idée que ce soit fini. On imagine toujours le mois de Ramadan comme un mois d’abstentions et d’interdits. On oublie qu’il est, avant tout, un mois de rassemblement (familial pour moi) et aussi d’approfondissement de sa connaissance de la Religion.

Je dis toujours pour plaisanter que je suis plus homo que musulman pendant 11 mois et plus musulman qu’homo pendant ce mois spécial. Ce n’est pas totalement vrai. J’assume mes deux facettes chaque jour que Dieu fait. Seulement, pendant ce mois-ci, le Musulman en moi est plus visible que l’Homo. C’est donc un mois très important pour moi car c’est le seul au cours duquel l’on me voit comme musulman avant de me voir comme homo.

Une simple question de visibilité. Qui change tout pour moi. Je n’ai pas la chance d’être véritablement typé arabe alors annoncer/montrer que je jeûne est une fierté. Le Ramadan a toujours été et sera toujours ma Muslim Pride.

Cette année, encore plus que les autres, j’aimerais dire à tous ceux qui, comme moi, épousent une facette spirituelle et religieuse alors qu’ils/elles sont homos, lesbiennes ou trans que je vous aime. Vous pouvez être les deux. Personne n’a le droit de vous ordonner de choisir. Soyez fier(e)s de qui vous êtes !

Cela ne signifie pas vous exposer obligatoirement ou vous mettre en danger. Mais simplement, de réconcilier vos deux âmes à l’Intérieur. Soyez en paix avec ce que la nature a décidé pour vous. Ce qu’elle vous a offert.

N’écoutez personne. Et ne laissez pas les gens confondre Religion/Foi et Religieux/Hommes.

Je me considère chanceux d’être qui je suis.
Soyez-le aussi.

Le Livre des Garçons : Vin100.

Fin Août 2001. Je rentrais de l’Hôpital. Job d’été. Mon petit Frère squattait toujours l’ordinateur de ma chambre. Nous venions d’avoir l’ADSL, la grosse raie verte de Wanadoo.

Il avait un profil sur Love@Lycos, un espace de rencontres. Je ne pensais même pas qu’il était possible de rencontrer du monde via internet. Et puis finalement pourquoi pas.

Mon premier profil. Je me souviens encore de mon pseudo bizarre – Uranus_kun -. Et entre d’autres types, Il s’est présenté. Un profil sans photo – Vin100 -. Comme le mien d’ailleurs. Je ne sais plus trop bien combien de temps nous avons échangé avant de décider de nous rencontrer.

Mais je sais que la veille, je faisais mon Coming Out définitif à ma Mère et lui annonçais que je rencontrerai un garçon le lendemain. Avant de lui faire peur en lui disant qu’il s’agissait plutôt d’un homme de 31 ans. Alors que j’en avais 18. Nous étions en Octobre 2001.

Nous avions convenu de nous rencontrer sur les Champs-Elysées à l’entrée du Virgin et nous étions décrits. Arrivé en avance, j’y étais entré pour passer le temps. Je ne savais pas, à ce moment-là, qu’il m’avait déjà repéré.

Quand vint l’heure, je sortis du Virgin et me mis à attendre. Un court instant avant qu’il ne se présente devant moi.

Je n’imaginais rien de particulier. J’étais et je suis toujours un garçon qui se laisse charmer par tout type de garçons. Il était ni beau, ni laid. Mais ma première impression était positive. Et je suis rentré dans la Bulle.

Tout a disparu. Plus rien n’avait d’importance. Et nous avons fait plusieurs tours des Champs jusqu’à ce que je doive rentrer. Nous nous sommes laissés à la station Champs-Elysées Clemenceau. A l’entrée du couloir pour la direction Château de Vincennes. Et nous nous sommes embrassés. Notre premier baiser. Mon premier vrai baiser.

J’étais nerveux. Je me souviens l’avoir mordu. Et être rentré avec un énorme sourire.

Mon histoire avec Vin100 a duré jusqu’en Janvier 2002. Bien que plus âgé que moi, il avait peu d’expérience avec les garçons. Et j’étais décidé à ce qu’il ne soit pas mon premier et dernier copain. Ce que je lui avais annoncé dès notre second rendez-vous.

Nous ne nous voyions que le weekend – une constante chez moi – et j’adorais aller dans son appartement. Même si j’y avais froid. Venant d’un HLM surchauffé de banlieue, je découvrais les vieux appartements parisiens et leur parquet froid.

J’y feuilletais ses Têtu, il me faisait découvrir des films à thématique gay. Je me souviens d’un dimanche après-midi à regarder ensemble La Confusion des Genres. Et c’est lui qui m’emmena pour la première fois dans le Marais. Notre premier bar fut l’Imprévu Café puis il y eût feu-l’Okawa* dans lequel il m’offrit mes cadeaux d’anniversaire. Un DVD d’animation japonaise et le parfum Egoïste.

Et je devais l’être assurément. Parce qu’en secret, je craquais pour un autre. Un garçon de ma fac sur lequel j’avais flashé l’année précédente et avec qui nous commencions à nous rapprocher. Amicalement biensûr, même si cette amitié était fortement ambigüe – une autre constante chez moi -.

Un samedi glacé de Janvier, ne me sentant pas complètement honnête vis à vis de Vin100, je pris la décision de rompre. Et nous nous sommes retrouvés à Saint Paul. Il semblait différent presque distant comme s’il avait compris. Nous avons marché jusqu’au Pont Neuf et avant même que je n’eus le temps de rompre avec lui, il m’annonçait que c’était fini.

Il venait de rencontrer quelqu’un d’autre. Il pleurait parce que la veille, ils s’étaient embrassés. Et assis sur ce banc, je me mis à pleurer également. Non pas tant par tristesse que par simple empathie en réalité. Mais je me souviens de cette dame qui, passant, nous avait vu en train de pleurer et nous avait observé.

Nous nous sommes quittés ce jour-là. Je lui ai souhaité de vivre une magnifique histoire d’amour avec ce garçon. Je ne lui en ai jamais voulu. Comme je l’avais souhaité, il était mon premier et non mon dernier.

Nous nous sommes revus une première fois en 2006 pour prendre un verre après sa rupture. Il m’avait déposé à Place de Clichy en moto et était particulièrement excité. Ce qu’il m’avait fait savoir par texto quelques jours après. Et une seconde fois en novembre 2007, un soir où j’étais décidé à faire des bêtises et où rien ne s’était passé comme je le souhaitais**.

Je suis devenu Oslo Ohara et ai tourné cette page l’empêchant en 2009 de me rejoindre sur Facebook. Il m’avait reconnu sur une photo. Le monde étant minuscule.

Récemment je suis tombé sur son profil Instagram. Et comme à chaque fois je suis pris d’affection pour lui. Parce que c’est mon Garçon des premières fois. Et que son histoire dans le Livre m’est précieuse.

* J’ai découvert la semaine dernière que l’Okawa avait fermé et remplacé par une saloperie de magasin de fringues comme tous les anciens bars du Marais. J’aurai l’occasion d’en reparler.

** Je n’assume pas du tout la teneur des premiers billets de Beur-Boy. Mais je joue le jeu. Désolé. La Honte.

Le Livre des Garçons.

C’est parce que ma collègue m’a posé une question innocente sur mes amours passées qu’une multitude de souvenirs a jailli. Et ma fabuleuse mémoire a fait le reste.

Je me suis alors affectueusement souvenu de toutes mes histoires d’amour avec cette myriade de détails qui me caractérise. Comme si j’avais tenu un livre pour me rappeler de tous ces garçons.

C’est sur Beur-Boy que j’ai mentionné pour la première fois le Livre. Le Livre des Garçons. Ce livre que nous écrivons tous. A chaque histoire. Un Livre plus ou moins épais. Plus ou moins heureux. Avec ou sans rebondissements. Avec ou sans fins. Ce Livre de nos coups de coeur et foudre passés transformés ou non en longue histoire à baisers.

Mon Livre a peu d’histoires. Mais il est étoffé de tant de souvenirs qu’il en apparaît épais. Ils sont peu en réalité. Peu de garçons à avoir l’honneur d’une ou plusieurs pages. Peu d’histoires sérieuses, presque aucune histoire sans lendemain et pas mal d’interludes.

Et si je vous parlais d’eux ?

Et si j’ouvrais ce Livre ?

PS : il faudrait d’ailleurs que je pense à rendre publics les anciens billets de Beur-Boy.

 

☾ Pas de Foire pour le Monstre.

Il y a quelques années. J’aurais fait des pieds et des mains pour y participer. Je n’en ai pas manqué une seule depuis plus de dix ans. Travaillant le samedi, je mentais et/ou trouvais des astuces pour ne pas bosser et aller défiler. Allant même jusqu’à espérer qu’elle devienne un jour férié ! hum.

L’an dernier déjà, c’était juste. J’y avais fait un saut juste après mon travail, histoire de me dire que je ne l’avais pas loupée. Mais j’avais senti que le coeur n’y était pas/plus. Et pour plusieurs raisons.

Je n’avais pas envie d’y croiser certaines personnes. Une en particulier. Et après les manifs qu’il y avait eu plus tôt dans l’année pour gagner et protéger nos droits, j’avais eu l’impression d’avoir mieux défendu nos valeurs par ces Marches que par LA Marche.

La vérité c’est que je m’étais aussi coupé de tous ceux que j’avais croisé depuis Beur-Boy. Tous ces garçons « sensibles » qui ne me ressemblaient pas, tous ceux que je trouvais devenus tellement Clichés, qu’ils soient parisiens, banlieusards ou provinciaux. Parce que cette guéguerre Parisiens/Reste du Monde me fait doucement rire lorsque l’on sait qu’une fois Parisien, le Reste du Monde se transforme en ce qu’il a toujours vivement critiqué.

J’en ai aussi et surtout marre, ras le bol, de l’intolérance qui règne chez les pédés. Cette façon de se plaindre de l’homophobie ambiante mais derrière, d’être d’une intolérance envers les autres qu’ils soient gros, roux ou religieux. Et c’est là mon problème. Voir les gays se battre contre l’homophobie des religieux et répondre par une islamophobie (dans mon cas) qui donne envie de vomir.

Je suis une minorité dans une minorité.

Je suis le clou qui dépasse.

Et alors qu’autrefois, j’aimais me sentir en sécurité entouré de gens comme moi lors de la Gay Pride par opposition à ce que je vivais au quotidien le reste de l’année – à savoir être un bug dans la Matrice de mon quartier -, j’ai eu l’impression dernièrement d’être aussi devenu un monstre de foire au sein de cette communauté.

Alors, soit.

Je suis une bizarrerie. Je l’assume parfaitement.
Mais cette année, je ne serai pas une bizarrerie au milieu d’hypocrites.

Cette année, je n’irai pas à la Gay Pride.