Muslim Pride 2014.

Le mois de Ramadan est maintenant terminé. Je vais pouvoir reprendre un vie normale faite de pique-niques et de coca à volonté.

Vivre comme un vampire pendant un mois n’est absolument pas facile. Mais étonnamment je suis plutôt triste à l’idée que ce soit fini. On imagine toujours le mois de Ramadan comme un mois d’abstentions et d’interdits. On oublie qu’il est, avant tout, un mois de rassemblement (familial pour moi) et aussi d’approfondissement de sa connaissance de la Religion.

Je dis toujours pour plaisanter que je suis plus homo que musulman pendant 11 mois et plus musulman qu’homo pendant ce mois spécial. Ce n’est pas totalement vrai. J’assume mes deux facettes chaque jour que Dieu fait. Seulement, pendant ce mois-ci, le Musulman en moi est plus visible que l’Homo. C’est donc un mois très important pour moi car c’est le seul au cours duquel l’on me voit comme musulman avant de me voir comme homo.

Une simple question de visibilité. Qui change tout pour moi. Je n’ai pas la chance d’être véritablement typé arabe alors annoncer/montrer que je jeûne est une fierté. Le Ramadan a toujours été et sera toujours ma Muslim Pride.

Cette année, encore plus que les autres, j’aimerais dire à tous ceux qui, comme moi, épousent une facette spirituelle et religieuse alors qu’ils/elles sont homos, lesbiennes ou trans que je vous aime. Vous pouvez être les deux. Personne n’a le droit de vous ordonner de choisir. Soyez fier(e)s de qui vous êtes !

Cela ne signifie pas vous exposer obligatoirement ou vous mettre en danger. Mais simplement, de réconcilier vos deux âmes à l’Intérieur. Soyez en paix avec ce que la nature a décidé pour vous. Ce qu’elle vous a offert.

N’écoutez personne. Et ne laissez pas les gens confondre Religion/Foi et Religieux/Hommes.

Je me considère chanceux d’être qui je suis.
Soyez-le aussi.

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Le Livre des Garçons : Vin100.

Fin Août 2001. Je rentrais de l’Hôpital. Job d’été. Mon petit Frère squattait toujours l’ordinateur de ma chambre. Nous venions d’avoir l’ADSL, la grosse raie verte de Wanadoo.

Il avait un profil sur Love@Lycos, un espace de rencontres. Je ne pensais même pas qu’il était possible de rencontrer du monde via internet. Et puis finalement pourquoi pas.

Mon premier profil. Je me souviens encore de mon pseudo bizarre – Uranus_kun -. Et entre d’autres types, Il s’est présenté. Un profil sans photo – Vin100 -. Comme le mien d’ailleurs. Je ne sais plus trop bien combien de temps nous avons échangé avant de décider de nous rencontrer.

Mais je sais que la veille, je faisais mon Coming Out définitif à ma Mère et lui annonçais que je rencontrerai un garçon le lendemain. Avant de lui faire peur en lui disant qu’il s’agissait plutôt d’un homme de 31 ans. Alors que j’en avais 18. Nous étions en Octobre 2001.

Nous avions convenu de nous rencontrer sur les Champs-Elysées à l’entrée du Virgin et nous étions décrits. Arrivé en avance, j’y étais entré pour passer le temps. Je ne savais pas, à ce moment-là, qu’il m’avait déjà repéré.

Quand vint l’heure, je sortis du Virgin et me mis à attendre. Un court instant avant qu’il ne se présente devant moi.

Je n’imaginais rien de particulier. J’étais et je suis toujours un garçon qui se laisse charmer par tout type de garçons. Il était ni beau, ni laid. Mais ma première impression était positive. Et je suis rentré dans la Bulle.

Tout a disparu. Plus rien n’avait d’importance. Et nous avons fait plusieurs tours des Champs jusqu’à ce que je doive rentrer. Nous nous sommes laissés à la station Champs-Elysées Clemenceau. A l’entrée du couloir pour la direction Château de Vincennes. Et nous nous sommes embrassés. Notre premier baiser. Mon premier vrai baiser.

J’étais nerveux. Je me souviens l’avoir mordu. Et être rentré avec un énorme sourire.

Mon histoire avec Vin100 a duré jusqu’en Janvier 2002. Bien que plus âgé que moi, il avait peu d’expérience avec les garçons. Et j’étais décidé à ce qu’il ne soit pas mon premier et dernier copain. Ce que je lui avais annoncé dès notre second rendez-vous.

Nous ne nous voyions que le weekend – une constante chez moi – et j’adorais aller dans son appartement. Même si j’y avais froid. Venant d’un HLM surchauffé de banlieue, je découvrais les vieux appartements parisiens et leur parquet froid.

J’y feuilletais ses Têtu, il me faisait découvrir des films à thématique gay. Je me souviens d’un dimanche après-midi à regarder ensemble La Confusion des Genres. Et c’est lui qui m’emmena pour la première fois dans le Marais. Notre premier bar fut l’Imprévu Café puis il y eût feu-l’Okawa* dans lequel il m’offrit mes cadeaux d’anniversaire. Un DVD d’animation japonaise et le parfum Egoïste.

Et je devais l’être assurément. Parce qu’en secret, je craquais pour un autre. Un garçon de ma fac sur lequel j’avais flashé l’année précédente et avec qui nous commencions à nous rapprocher. Amicalement biensûr, même si cette amitié était fortement ambigüe – une autre constante chez moi -.

Un samedi glacé de Janvier, ne me sentant pas complètement honnête vis à vis de Vin100, je pris la décision de rompre. Et nous nous sommes retrouvés à Saint Paul. Il semblait différent presque distant comme s’il avait compris. Nous avons marché jusqu’au Pont Neuf et avant même que je n’eus le temps de rompre avec lui, il m’annonçait que c’était fini.

Il venait de rencontrer quelqu’un d’autre. Il pleurait parce que la veille, ils s’étaient embrassés. Et assis sur ce banc, je me mis à pleurer également. Non pas tant par tristesse que par simple empathie en réalité. Mais je me souviens de cette dame qui, passant, nous avait vu en train de pleurer et nous avait observé.

Nous nous sommes quittés ce jour-là. Je lui ai souhaité de vivre une magnifique histoire d’amour avec ce garçon. Je ne lui en ai jamais voulu. Comme je l’avais souhaité, il était mon premier et non mon dernier.

Nous nous sommes revus une première fois en 2006 pour prendre un verre après sa rupture. Il m’avait déposé à Place de Clichy en moto et était particulièrement excité. Ce qu’il m’avait fait savoir par texto quelques jours après. Et une seconde fois en novembre 2007, un soir où j’étais décidé à faire des bêtises et où rien ne s’était passé comme je le souhaitais**.

Je suis devenu Oslo Ohara et ai tourné cette page l’empêchant en 2009 de me rejoindre sur Facebook. Il m’avait reconnu sur une photo. Le monde étant minuscule.

Récemment je suis tombé sur son profil Instagram. Et comme à chaque fois je suis pris d’affection pour lui. Parce que c’est mon Garçon des premières fois. Et que son histoire dans le Livre m’est précieuse.

* J’ai découvert la semaine dernière que l’Okawa avait fermé et remplacé par une saloperie de magasin de fringues comme tous les anciens bars du Marais. J’aurai l’occasion d’en reparler.

** Je n’assume pas du tout la teneur des premiers billets de Beur-Boy. Mais je joue le jeu. Désolé. La Honte.

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Le Livre des Garçons.

C’est parce que ma collègue m’a posé une question innocente sur mes amours passées qu’une multitude de souvenirs a jailli. Et ma fabuleuse mémoire a fait le reste.

Je me suis alors affectueusement souvenu de toutes mes histoires d’amour avec cette myriade de détails qui me caractérise. Comme si j’avais tenu un livre pour me rappeler de tous ces garçons.

C’est sur Beur-Boy que j’ai mentionné pour la première fois le Livre. Le Livre des Garçons. Ce livre que nous écrivons tous. A chaque histoire. Un Livre plus ou moins épais. Plus ou moins heureux. Avec ou sans rebondissements. Avec ou sans fins. Ce Livre de nos coups de coeur et foudre passés transformés ou non en longue histoire à baisers.

Mon Livre a peu d’histoires. Mais il est étoffé de tant de souvenirs qu’il en apparaît épais. Ils sont peu en réalité. Peu de garçons à avoir l’honneur d’une ou plusieurs pages. Peu d’histoires sérieuses, presque aucune histoire sans lendemain et pas mal d’interludes.

Et si je vous parlais d’eux ?

Et si j’ouvrais ce Livre ?

PS : il faudrait d’ailleurs que je pense à rendre publics les anciens billets de Beur-Boy.

 

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☾ Pas de Foire pour le Monstre.

Il y a quelques années. J’aurais fait des pieds et des mains pour y participer. Je n’en ai pas manqué une seule depuis plus de dix ans. Travaillant le samedi, je mentais et/ou trouvais des astuces pour ne pas bosser et aller défiler. Allant même jusqu’à espérer qu’elle devienne un jour férié ! hum.

L’an dernier déjà, c’était juste. J’y avais fait un saut juste après mon travail, histoire de me dire que je ne l’avais pas loupée. Mais j’avais senti que le coeur n’y était pas/plus. Et pour plusieurs raisons.

Je n’avais pas envie d’y croiser certaines personnes. Une en particulier. Et après les manifs qu’il y avait eu plus tôt dans l’année pour gagner et protéger nos droits, j’avais eu l’impression d’avoir mieux défendu nos valeurs par ces Marches que par LA Marche.

La vérité c’est que je m’étais aussi coupé de tous ceux que j’avais croisé depuis Beur-Boy. Tous ces garçons « sensibles » qui ne me ressemblaient pas, tous ceux que je trouvais devenus tellement Clichés, qu’ils soient parisiens, banlieusards ou provinciaux. Parce que cette guéguerre Parisiens/Reste du Monde me fait doucement rire lorsque l’on sait qu’une fois Parisien, le Reste du Monde se transforme en ce qu’il a toujours vivement critiqué.

J’en ai aussi et surtout marre, ras le bol, de l’intolérance qui règne chez les pédés. Cette façon de se plaindre de l’homophobie ambiante mais derrière, d’être d’une intolérance envers les autres qu’ils soient gros, roux ou religieux. Et c’est là mon problème. Voir les gays se battre contre l’homophobie des religieux et répondre par une islamophobie (dans mon cas) qui donne envie de vomir.

Je suis une minorité dans une minorité.

Je suis le clou qui dépasse.

Et alors qu’autrefois, j’aimais me sentir en sécurité entouré de gens comme moi lors de la Gay Pride par opposition à ce que je vivais au quotidien le reste de l’année – à savoir être un bug dans la Matrice de mon quartier -, j’ai eu l’impression dernièrement d’être aussi devenu un monstre de foire au sein de cette communauté.

Alors, soit.

Je suis une bizarrerie. Je l’assume parfaitement.
Mais cette année, je ne serai pas une bizarrerie au milieu d’hypocrites.

Cette année, je n’irai pas à la Gay Pride.

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♛ Vacances.

Je pars au loin. Deux semaines de vacances bien méritées. Ma mutation en octobre dernier et ces derniers huit mois m’ayant complètement vidés.

Profiter du soleil avec mes amies et Kévin Bacon. Echapper au quotidien, aux gens, aux responsabilités, juste le temps de souffler. Avant le Ramadan, fin juin.

Je vais tellement bien. Nous avons fait Cinq Ans. Je suis amoureux de Lui comme jamais. Toujours plus fort. Nous sommes devenus tontons en même temps, chacun de notre côté. Deux nièces.

J’ai également revu le Chevalier. Un garçon que j’aimais beaucoup mais que j’ai laissé avec les autres, lorsqu’en 2010, j’avais choisi de quitter le groupe. C’est étrange comme j’ai pu souffrir de l’abandon de certains (les 3) mais comme je ne me suis pas rendu compte que j’avais blessé des personnes en partant comme je l’ai fait.

Sans doute parce que je ne me rends toujours pas bien compte de la valeur que je peux avoir pour certains. Alors que je ne sais que trop ce que les autres valent pour moi.

Le revoir m’a fait extrêmement plaisir. Et j’ai l’impression que progressivement, je suis plus calme et serein au sujet des Abandons. Peut-être parce qu’il n’y a plus personne autour de moi d’autre que les Filles et Cayetano-tachi.

Je pars en vacances au bon moment. L’ambiance française et parisienne me pèse. Les résultats des élections ont choqué tout le monde mais regardez autour de vous. Les gens sont devenus si mauvais.

Je suivais un garçon sur Twitter. Un petit gay comme tant d’autres. Et cette semaine en remontant mon flux, je tombe sur un de ses tweets (avec hashtag #IslamDehors). Et je me dis que nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Et moi encore moins.

Je n’ai pas choisi d’être homo. C’est qui je suis. C’est qui j’aime être. Et si l’on m’avait donné le choix en m’indiquant la vie que j’aurais eu, les agressions, les injures, etc, je ne me serais pas défilé. Parce que les bonheurs de ma vie actuelle effacent ces mauvais côtés. Je ne regretterai jamais de ne pas être hétéro.

Par contre, j’ai choisi d’être musulman. Né dans un famille musulmane ouverte, j’ai pris cette religion comme un héritage. Et récemment, je l’ai véritablement embrassée. C’est qui je souhaite devenir. Et je m’instruis pour la comprendre, la connaître, et découvrir qu’elle ne peut être réduite à ce que les médias en montre.

Ce problème de l’image, nous le vivons aussi du côté homo. C’est la raison pour laquelle, j’ai trouvé stupide le tweet de ce garçon. Et je me répète inlassablement sur Twitter ou Facebook. Ne confondons pas Religion/Foi et Religieux/Humain.

Peut-être que les gens finiront un jour par arrêter de chercher des boucs émissaires. De combattre ce qu’ils ne comprennent pas et ce qu’ils ne veulent de toutes façons pas comprendre.

En attendant je reste Moi. Moi, entier. Avec toutes ces facettes que m’a donné la vie. Et ce qui fait de moi la personne que je suis. Certainement plus riche et intéressante que ce genre de personnes.

Moi.

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Δ Cinq. Le Prince qui court dans la Nuit.

Il y a cinq ans. Je me souviens. M’être trompé de métro. Pris un autre dans le mauvais sens et être arrivé Place Monge avec beaucoup de retard pour le retrouver. Il était grand. Très masculin. La voix grave. Il portait une veste en cuir. Et il pleuvait.

C’était notre premier rendez-vous.

Je pensais ne pas être prêt à retomber amoureux. Je ne voulais même pas qu’on me force à y penser. Je voulais être tranquille avec mes sentiments. Tous mes sentiments. Je passais mon temps à courir dans la Nuit pour leur échapper.

J’ai déclaré que j’avais perdu la mémoire pour purger une partie d’entre eux. J’ai rencontré de nouvelles personnes qui ne connaissaient pas le Précédent. Et je me suis soigné avec ce que je pouvais pour laisser cet Homme entrer dans ma vie.

Je n’ai pas connu beaucoup d’histoires d’amour mais je crois pouvoir dire, qu’en fait, à part Lui, je n’en ai pas véritablement connu. Je m’en suis aperçu le soir où dinant chez le Précédent, j’ai failli le remercier de m’avoir laissé. Parce que notre rupture m’avait guidé tout droit vers Lui.

Nous ne vivons pas ensemble. Nous ne nous voyons pas tous les soirs. Nous sommes deux personnes assez solitaires qui se sont apprivoisées. Si bien que pour la première fois de ma vie je ne me suis plus senti seul, même seul. Moi qui avait pour habitude de me sentir seul, au milieu de la foule.

Lorsque nous nous retrouvons, nous entrons dans cette bulle pour deux. Rien que pour deux. La bulle des amoureux nouveaux. Ce champ de force dans lequel plus rien n’a d’importance, plus rien n’existe, sauf nous deux.

Et cinq ans après. J’ai l’impression que nous sommes toujours comme ces jeunes amoureux. Insouciants.

Et j’aime ça.

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Δ Now, we can’t be friends.

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J’ai parfois envie de les revoir. De les apercevoir. De les évoquer dans une conversation. Ou tout simplement d’en entendre parler.

Les Garçons.

Savoir ce qu’ils sont devenus. Savoir comment ils vont. Ont-ils changé ? Ont-ils changé comme j’ai changé ? Se souviennent-ils de moi ? Pensent-ils seulement à moi ?

J’avoue être souvent triste quand je repense à eux. Ou quand je les vois en photo quelque part. Parce qu’ils sont maintenant devenus amis d’amis. Et parce que le temps ne nous a pas rapproché. Ils sont parfois même amis de personnes que je rencontre dans ma nouvelle vie. Et je me dis que le monde est vraiment petit.

Etonnamment, je suis angoissé à l’idée que ça finisse par arriver. Qu’il y en ait un qui apparaisse devant moi dans la rue. Qu’il me voie. Qu’il me parle, même.

Mais cette fois. J’ai eu de la chance. Si l’on peut dire. Parce que c’est arrivé, oui. Mais Il est juste sorti du métro que j’attendais. Il n’a certainement pas eu le temps de me voir. C’était le Brun.

Le premier que j’ai rencontré lorsque je suis arrivé sur GAYa. Celui qui m’a fait entrer dans son monde et m’a présenté presque tous les autres. Celui qui m’a fait m’assoir sur son Canapé Magique et m’a protégé de toutes les mauvaises choses qui l’entouraient et même de Lui-même.

Petit pincement au coeur à ce moment-là. Et je ne sais même pas ce que ça aurait pu être si c’était l’un des Trois que j’avais eu devant moi. Je préfère ne pas l’imaginer.

J’aimerais tellement les oublier, tous. Ne reconnaître personne. Cette mémoire qu’est la mienne. Cette pathologie qui me fait mal à la tête à constamment réfléchir, me souvenir, penser. C’est fatigant.

Je rêve d’un bouton Reset. Ou d’une option me permettant de supprimer les photos dans ma tête. Y a-t-il un Cloud pour sortir les souvenirs de ma tête et les stocker ailleurs ?

Disparaissez. Nous (n’)étions (pas tous) amants, mais assurément maintenant nous ne pouvons pas être amis.

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Δ The Promise you made.

Je crois que si l’on devait m’interroger à ce sujet. La chose que je déteste le plus. Ce serait les Promesses. Je hais les Promesses.

D’aussi loin que je me souvienne. Je les ai toujours détestées. J’ai même fini par ne plus les écouter. Ne plus vouloir en entendre. Je ne supporte pas que l’on me promette quelque chose. Et que l’on me jure de s’y tenir.

Les humains ne sont pas faits pour tenir des promesses. Et les hommes, tout particulièrement.

Je n’aime pas cette façon qu’elles ont de nous lier à quelqu’un. De nous rendre dépendant. Je déteste l’être de quelqu’un d’autre. Je hais devoir attendre après la réalisation d’une action. Je hais de ne pouvoir en être maître. J’accepte déjà de ne pas être maître de mon Destin, mais la Prédestination est une promesse de Dieu, pas d’un homme.

En 2002, juste après les partiels du premier semestre et avant la reprise, Bi-Frost m’avait promis que nous nous offririons quelque chose pour la Saint Valentin. J’étais à la fac. C’était le gars sur lequel je craquais. Et j’étais tellement naïf que j’étais prêt à lui offrir un baiser. (A cette époque, je vivais dans un monde dans ma tête où ce genre de cadeau était une offre inestimable. Maintenant je sais…).

A la reprise, il n’y eut pas de cadeau. Il avait couché avec tous les garçons et filles qu’il avait pu pendant le break pendant que moi j’imaginais à quoi ce baiser ressemblerait.

L’Hétérochrome a posté une vieille photo de lui prise à Séoul il y a cinq ans. Et évidemment mon Hyperthymésie m’a rappelé l’une de ses promesses. A cette époque, j’étais sur un quai lointain du RER A après le travail. Il faisait plutôt froid. Et il m’a appelé. Il était à l’autre bout du monde et me racontait comme c’était incroyable et magnifique. Et il m’a promis. Promis qu’un jour il m’y emmènerait. Je n’étais plus aussi naïf qu’en 2002 mais cette promesse m’avait réchauffé le coeur.

Cinq ans après, je crois que je suis le seul de nous deux qui se souvienne que nous nous sommes connus.

Ma vie est jonchée de ce genre de déceptions suites à des promesses.

Les promesses de Dan. Celles de Wall-e.

Pourquoi les Hommes se sentent-ils obligés de faire des promesses. Je ne le saurai jamais. Moi j’ai décidé qu’elles ne voulaient rien dire. Une promesse ne lie que l’idiot qui y croit. Et je refuse maintenant d’être cet idiot.

Promettez-moi la Lune. Et j’irai moi-même la capturer pour la mettre dans mes cheveux.  Je m’affranchirai toujours de vos promesses pour ne pas me retrouver lié et attendre qu’elles se réalisent.

Je suis libre. Et chaque jour un peu plus dégagé de mes souvenirs nous concernant. Un jour je finirai par déposer les cadavres de nos relations et à ne plus me retourner. En attendant je défais un à un les maillons qui nous retiennent.

Je ne me promets pas d’y parvenir. Après tout, je suis un homme. Mais j’y arriverai.

Titre : The Promise you made – Cock Robin.

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☆ La Belle et la Bête.

Un lien spécial avec la Belle et la Bête. Plusieurs liens même.

J’avais dix ans quand nous sommes allés voir le Disney au ciné avec le centre aéré. Avec ma copine D., nous craquions sur le même garçon, Thomas. Nous l’avons installés entre nous deux et à tour de rôle, nous lui avons fait des bisous.

D. ne faisait pas de bisous sur la bouche. Moi, si. Et c’est pour cela que Thomas a vite préféré tourner sa tête de mon côté pour le reste du film – dont je ne me souviens absolument pas du coup. Plus tard, lors d’une pièce de théâtre, nous avons même été plus loin. Souvenirs.

Ainsi la Belle et la Bête est avant tout un souvenir un peu humide de mon enfance (précoce, très précoce).

Il y avait aussi cette autre version de l’histoire qui avait marqué mon enfance. La série télé. La Belle et la Bête se rencontrent dans le New York de la fin des années 80. Elle est avocate. Lui a une tête de Lion et s’appelle Vincent (hum).

Et finalement ce tout dernier film que j’ai trouvé absolument magnifique avec ces images incroyables et ces robes et costumes superbes. Je ne l’ai pas trouvé parfait, le jeu des acteurs m’a parfois refroidi mais je l’ai trouvé réussi. Bien meilleur que le Alice au pays des Merveilles de Burton ou Blanche Neige et le Chasseur. Et d’un point de vue général, bien loin de ce que les Français avaient l’habitude de faire jusque là au cinéma. Je trouve juste dommage de ne pas avoir senti de véritable passion entre Belle et la Bête.

Mais cette histoire d’une jolie fille qui finit par tomber amoureuse d’un monstre m’a toujours plus. Lorsque plus jeune, à une époque donc où votre corps vous trahit, et vous fait entrer « en travaux » (jusque mes 21 ans pour moi), je trouvais rassurant qu’une personne puisse voir plus loin que l’aspect repoussant d’une autre. Après tout, la Bête était un homme à la beauté et bonté intérieure extrêmement magnifique. Pourquoi donc personne n’était en mesure de pouvoir le voir ?

J’ai alors décidé que moi je pourrais le voir. Chez tout le monde. Je me disais que l’apparence ne devait jamais être un frein à l’amour et c’est devenu un principe de vie. Dès lors, j’ai toujours cherché à voir la beauté là où elle ne s’imposait pas. A la trouver au gré d’un détail insignifiant pour les autres mais primordial pour moi.

Et c’est pourquoi je réponds toujours que je n’ai pas de critères de beauté en ce qui concerne les hommes. La Beauté objective et froide me fait peur, tout comme la perfection. Je m’en méfie. Elle ne m’excite pas. Je n’ai pas confiance en elle parce que je la sais éphémère. Pas amenée à durer. Le vin ne devient pas plus beau en vieillissant. Il devient plus bon. C’est ce que je pense.

En regardant la Bête, je me dis que j’aurais pu. J’aurais complètement pu craquer pour lui. Et j’aurais pu le trouver beau. Parce que je l’aurais vu/perçu beau.

Et s’il m’avait dit « Si vous ne revenez pas, j’en mourrais », je pense que je n’aurais pas pu le quitter.

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